La technologie au renfort de l’éducation physique

La contribution des technologies de l’information et de la communication à l’EPS dans les écoles de l’Ontario
Les téléphones intelligents, les tablettes électroniques et les ordinateurs… de nos jours, ces appareils sont omniprésents dans nos vies. Et bien que l’on puisse croire que le temps que nous passons devant des écrans nous isole et réduit nos niveaux d’activité physique, il y a d’autres aspects de la technologie auxquels vous n’avez peut-être pas songé, particulièrement en ce qui a trait à l’enseignement de l’éducation physique et santé. Selon Andrea Häefele, enseignante en Éducation physique et santé (EPS) au Highgate Public School à Markham, Ontario, « L’éducation physique est un sujet qui bouge. Il n’est pas vraiment possible de bien l’expliquer dans un manuel ». Et grâce à l’utilisation de manière créative d’appareils électroniques mêmes les plus simples, les éducateurs ont un nouvel éventail d’options à leur disposition pour aider les élèves à devenir actifs et à maintenir leur participation.
L’utilisation de la technologie aide à enseigner les concepts de la vie quotidienne.
Les outils des technologies de l’information et de la communication (TIC) comprennent les ressources multimédias, les bases de données, Internet, les caméras numériques, les logiciels spécialisés, et même des appareils assez simples tels que les podomètres et les moniteurs de fréquence cardiaque. Et bien que ces appareils ne soient pas utilisés dans tous les gymnases de l’Ontario, un nombre croissant d’éducateurs avant-gardistes utilisent la technologie de manière créative. Comme l’explique Heather Gardner, Conseillère au programme-cadre d’EPS d’Ophea, au sujet des outils TIC, « Nous faisons appel aux outils que les élèves utilisent déjà dans leur vie quotidienne. Cela nous permet littéralement d’amener des concepts et des idées de la vraie vie dans les mains des élèves! » Par exemple, les podomètres sont utilisés fréquemment pour fournir aux élèves une rétroaction immédiate sur leurs niveaux d’activité physique, et ce, non seulement dans le gymnase, mais tout au long de la journée. Les appareils peuvent favoriser la fixation d’objectifs, et plus les éducateurs sont créatifs dans leurs façons d’utiliser ces appareils, plus les élèves sont susceptibles de participer. Comme le suggère Mme Gardner, « Les enseignants peuvent mettre les élèves au défi de “traverser le Canada à pied” après avoir calculé le nombre de pas qu’il faudrait faire pour y arriver, ou il pourrait y avoir une compétition entre certaines classes, ou entre des élèves et des enseignants, pour voir qui peut faire le plus de pas au cours d’une semaine ». La technologie est également utilisée pour que l’enseignement soit plus inclusif en aidant les enseignants à fournir un enseignement différencié à des élèves ayant divers styles d’apprentissage et des aptitudes diverses. Par exemple, des instructions détaillées étape par étape peuvent être enregistrées sur des iPods, permettant aux élèves qui éprouvent de la difficulté à lire d’acquérir des connaissances d’une façon dont ils se sentent plus à l’aise. Des vidéos peuvent être utilisées pour aider les apprenants visuels. Les élèves qui hésitent à parler et à faire part de leurs opinions dans un groupe peuvent poser des questions et montrer ce qu’ils ont appris en faisant des commentaires sur un blogue de la classe ou un site de média social sécurisé (p. ex., Edmodo). Les éducateurs peuvent solliciter des commentaires de tous les membres de la classe sur des leçons par l’entremise de ces mêmes blogues ou sites de médias sociaux, ou ils peuvent leur demander de poser des questions en ligne ou de regarder des vidéos avant le début d’une unité d’apprentissage. Cela permettra aux enseignants de s’assurer que les élèves sont plus investis dans le matériel, en plus d’améliorer et d’adapter les plans de leçons pour répondre aux besoins des élèves et étendre l’expérience d’apprentissage au-delà de la classe. De plus, l’utilisation des TIC permet d’apporter du nouveau et de susciter l’enthousiasme des élèves, surtout en favorisant la participation et en permettant aux élèves de se reconnaitre (parfois même littéralement) dans leur apprentissage. Cela peut être aussi simple que de permettre aux élèves de télécharger leurs chansons préférées pour un cours de danse ou de les laisser se filmer l’un et l’autre alors qu’ils pratiquent des habiletés motrices fondamentales ou qu’ils jouent à un jeu. Mme Häefele fournit un autre exemple : « J’ai réussi à enseigner aux élèves comment filmer un jeu de divers angles. La classe a pu ensuite arrêter l’enregistrement à divers moments pour analyser le jeu ».
Les enseignants peuvent alléger leur charge de travail en appuyant sur quelques touches.
« J’aime maintenant beaucoup utiliser les caméras de poche Flip », ajoute Allison Larouche, une enseignante/spécialiste en Éducation physique et santé (EPS) demeurant actuellement à Toronto. Mme Larouche a utilisé ces appareils (dont le prix de vente est d’environ 40 $), entre autres, pour permettre aux élèves de créer et de filmer leurs propres exercices d’échauffement et de récupération. À la suite d’un remue-méninges avec les élèves au sujet des éléments qui pourraient être inclus, elle leur a permis de choisir leur propre musique et de filmer leurs propres séquences vidéo de deux minutes. « Finalement, j’avais une série d’exercices d’échauffement et de récupération exécutés et dirigés par les élèves », dit-elle. Mme Larouche présenta ensuite la vidéo à l’aide d’un projecteur ACL qu’elle avait installé dans le gymnase. Elle explique, « J’aurais pu effectuer la même série de mouvements, mais les élèves n’auraient pas été aussi investis qu’ils l’étaient à regarder leurs amis faire des mouvements d’échauffement farfelus ». Non seulement les élèves de Mme Larouche affichaient un plus grand intérêt, les vidéos lui permettaient de ne pas diriger la séance d’échauffement et de récupération à chaque cours, un exemple où la bonne utilisation de la technologie peut aider à alléger les tâches d’un enseignant. Mme Häefele, pour sa part, mentionne qu’elle utilise beaucoup les TIC pour aider au processus d’évaluation. Comme la plupart des enseignants spécialistes en EPS, elle voit un grand nombre d’élèves dans son gymnase chaque jour. En moyenne, elle enseigne à 12 classes d’environ 30 élèves. De plus, les cours de 50 minutes ne lui laissent pas beaucoup de temps avec les élèves et rendent la tâche de faire une évaluation authentique difficile. Pour relever ce défi de taille, Mme Häefele explique qu’elle fait appel à la technologie, en particulier aux iPad. « J’en ai placé un dans chaque coin du gymnase. Ce sont mes tribunes libres ». Les élèves trouvent à chacun des iPad une question guidée. À un moment pendant le cours où ils se sentent à l’aise, ils sont censés se rendre en pairs à l’un des coins et se filmer l’un et l’autre, chacun leur tour, en répondant à la question. Mme Häefele raconte, « Par exemple, si nous apprenons à lancer et à saisir des objets de diverses façons, une question pourrait être, “Selon toi quel était l’objet le plus facile à lancer vers le cerceau?” » À la fin du cours, Mme Häefele a une collection de réponses de ses élèves qu’elle peut regarder et évaluer plus tard. Cela lui permet de faire une juste évaluation de la compréhension de chaque élève et lui permet également de passer plus de temps à donner des instructions et à interagir individuellement avec les élèves.
La planification des leçons est plus facile et plus interactive.
Les enseignants peuvent également trouver sur Internet un grand éventail de soutiens qui sont souvent gratuits. Une simple recherche sur Google pour des leçons pour n’importe quel sport produira certainement des centaines de liens, allant de billets sur des blogues à des vidéos sur YouTube. Et bien que cela puisse sembler déroutant au début, il n’est pas si difficile de trouver de l’information utile et fiable sur Internet. Mme Larouche a ce conseil, « Il faut prendre tout ça avec un grain de sel. Il y a des ressources qui sont affreuses ». Elle suggère de lire les commentaires qui sont affichés après les billets sur les blogues et les ressources en ligne (ils se trouvent généralement au bas de la page dans la section « Commentaires »). En un rien de temps, vous dénicherez surement des sites web qui vous seront utiles, et vous établirez peut-être des liens surprenants. Mme Häefele a fait la connaissance d’enseignants de partout dans le monde en visitant leurs blogues et en les suivant sur Twitter. « Je cherchais des renseignements pour élaborer une unité d’apprentissage sur le cricket, alors je suis allée sur Twitter et j’ai utilisé le mot clé diésé ‘#phys ed’ (éducation physique). J’ai demandé si quelqu’un avait déjà enseigné le cricket dans un cours d’éducation physique. Des milliers de personnes m’ont répondu pour me dire où je pouvais trouver des plans de leçons. Je suis entrée en contact avec une personne en Australie qui utilise divers genres d’applications et je vais sur son blogue de temps à autre pour trouver des idées ». Si vous ne savez pas trop où aller pour des renseignements en ligne, vous ne pouvez pas vous tromper en commençant par les organismes que vous connaissez et auxquels vous faites confiance. Le site Web d’Ophea déborde de ressources de haute qualité. Parmi ces ressources vous trouverez les Ressources d’appui au programme-cadre d’éducation physique et santé (EPS) : 1re à 8e année (comprenant environ 130 plans de leçons prêtes à être utilisées pour chaque année scolaire, des modèles destinés aux élèves pour favoriser leur apprentissage, et des outils d’évaluation), un répertoire de ressources en ligne, des ateliers en ligne, des webinaires, et bien plus encore. De nouvelles ressources sont constamment planifiées et mises en ligne, et la plupart sont gratuites!
Ayez accès à des experts sans même sortir de votre école.
Bien que ces nombreuses ressources gratuites et ces soutiens soient utiles pour tous les éducateurs, ils peuvent être quasi indispensables pour ceux demeurant en régions éloignées. Mme Larouche a fait ses débuts en tant qu’enseignante dans le nord de la Colombie-Britannique et a enseigné plus tard à Thunder Bay, deux régions où les occasions de perfectionnement professionnel peuvent être rares. « Le département d’éducation physique, c’était moi! » déclare-t-elle en riant. « Quand il n’y a pas d’autres individus dans votre école pour échanger des idées, Internet est un excellent outil». En plus d’effectuer des recherches en ligne pour des ressources imprimées, les éducateurs de toutes les régions du pays ont accès à des formations en ligne et à des webinaires. En effet, lorsque les coûts de déplacement ne sont pas un obstacle, vous avez à votre disposition un bien plus grand éventail d’experts. Comme l’explique Mme Larouche, « Vous pouvez vous assoir pendant votre heure de diner à Thunder Bay et regarder une vidéo portant sur les mesures de sécurité pour la prévention des commotions cérébrales d’un expert de l’Hôpital pour enfants de Toronto. C’est extraordinaire ». L’apprentissage en ligne peut également se faire « en temps réel » par l’entremise de logiciels gratuits permettant de faire des appels vidéo sur Internet (p. ex., Skype). Mme Larouche a utilisé cette approche en organisant des appels vidéo entre ses élèves et des étudiants en médecine qui étaient prêts à répondre à leurs questions sur la santé. « Cela nous donne une toute nouvelle façon de dialoguer », explique-t-elle.
Les éducateurs jouent un rôle important pour aider les enfants à naviguer Internet en sécurité.
Une crainte répandue au sujet de l’utilisation de la technologie porte sur la sécurité des élèves. Il ne fait aucun doute que cet univers branché apporte une foule de nouveaux problèmes, dont les prédateurs en ligne, la cyberintimidation, et des problèmes liés à protection de la vie privée et des renseignements personnels. Cependant, ces dangers bien réels sont une raison de plus de ne pas hésiter à utiliser la technologie avec les élèves. Après tout, nous avons une occasion unique de jouer un rôle dans l’enseignement de la façon sécuritaire de naviguer sur Internet et pouvons saisir les occasions authentiques qui se présentent pour discuter de la nétiquette et des questions liées à la sécurité. « Si nous voulons que nos enfants naviguent sur Internet », dit Mme Larouche, « et ils navigueront sur Internet de toute façon, nous devons leur donner les outils dont ils ont besoin pour réguler leur propre comportement dans cet environnement. On ne peut pas tenir pour acquis que les élèves ont déjà ces connaissances. Il y a bon nombre d’adultes qui n’ont pas ces connaissances »! Et pour ceux d’entre nous qui n’ont pas eu la chance d’acquérir ces connaissances (ou pour ceux qui désirent avoir un peu de soutien), il y a de l’aide à votre portée. BranchÉ, offert par Ophea, est une ressource en ligne gratuite offerte en français et en anglais pour les élèves de 4e, 5e, et 6e année qui met l’accent sur le développement des habiletés fondamentales de prise de décisions et de résolution de problèmes reliés à l’utilisation d’Internet. Les ressources de Cyberagents, offertes par Ophea, sont destinées aux élèves de 7e et 8e année pour leur enseigner les risques et les questions de sécurité liés à l’utilisation d’Internet. En développant ces habiletés répondant aux attentes liées au développement personnel et identitaire du programme-cadre révisé EPS, les élèves pourront appliquer de manière éthique les règles de sécurité sur Internet lorsqu’ils prennent des décisions informées en ligne qui reflètent celles qu’ils prendraient dans la vraie vie.
Ce n’est pas si difficile que vous pensez de commencer!
Bien que n’importe quel enfant de huit ans puisse facilement regarder une vidéo en ligne ou télécharger une application, beaucoup d’adultes ont tendance à être méfiants à l’égard des nouvelles technologies. « Le changement fait peur », explique Mme Larouche. « Et un bon nombre de personnes croient que le changement signifie que ce que l’on faisait auparavant ne fonctionnait pas. Ce n’est pas du tout le cas ». Selon Mme Häefele et Mme Larouche, nous sommes loin de tout de recommencer à zéro. Au contraire, elles croient que l’intégration de la technologie dans les écoles peut se faire d’une façon transparente afin de bonifier ce qui existe déjà. Et malgré que cela puisse signifier qu’un enseignant doit sortir de sa zone de confort, il y a beaucoup d’avantages à adopter la technologie. « Dites à vos élèves que vous essayez quelque chose de nouveau », conseille Mme Larouche. « Apprenez ensemble ». Il est également important de se rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un budget important ou des compétences très spécialisées. N’importe quel éducateur ayant accès à Internet et possiblement à une caméra vidéo de base peut trouver des manières créatives d’intégrer les TIC dans les cours d’éducation physique et santé. Apprenez comment créer un blogue par le biais d’un site Web gratuit de blogage (tel que WordPress). Enregistrez une vidéo à partager de façon sécuritaire avec les parents par l’entremise d’un site de média social tel que Edmodo. Suivez divers organismes (tel qu’Ophea, ParticipACTION ou le Ministère de l’Éducation) sur Twitter ou Facebook et mettez à profit le contenu pertinent auquel vous serez exposé chaque fois que vous vous connectez! En un rien de temps, vous participerez à une communauté virtuelle dynamique commençant à l’intérieur des murs de votre école et qui s’étendra aussi loin que votre souris peut vous amener.

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