La saine alimentation : Passons à l'action! | Ophea.net

La saine alimentation : Passons à l'action!

Mardi, Mars 13, 2012 - 13:49

Les façons dont les écoles de l’Ontario peuvent aider les jeunes à faire de bons choix alimentaires

Le mois de mars est le Mois de la nutrition et les diététistes de partout au Canada nous rappellent que faire de bons choix alimentaires est essentiel à notre santé et notre bien-être. Cette année, le thème est « Toute la vérité sur ce que vous mangez » et le but est de faire la lumière sur les mythes et renseignements erronés qui circulent au sujet des aliments et de la nutrition. Cela ne pourrait être plus approprié pour les écoles de l’Ontario! Nous vivons dans une société qui fixe des objectifs irréalistes en matière de poids. Nous sommes bombardés par les publicités à la télé et les publicités imprimées nous suggérant des diètes miracles. Les produits avec des étiquettes telles que « faible teneur en gras », « sans gras » et « hypocalorique » remplissent les étagères des épiceries, mais qu’est-ce que cela signifie vraiment? Les élèves ont besoin plus que jamais d’informations fiables en matière de nutrition, et les éducateurs de l’Ontario sont dans une position unique pour leur livrer ces informations grâce au grand nombre d’initiatives et de programmes liés à la santé qui sont mis à leur disposition.

Comment les éducateurs peuvent-ils aider?

Aujourd’hui, un enfant sur quatre au Canada fait de l’embonpoint ou est obèse. Les liens entre les mauvais choix alimentaires et le diabète, les maladies du cœur et d’autres maladies sont bien établis. De plus, en tant qu’éducateurs, nous savons que la santé physique des enfants et des jeunes n’est qu’une partie de l’enjeu. Les unes après les autres, les études ont montré que les élèves en santé apprennent mieux. Ils ont un plus bas taux d’absentéisme et ils éprouvent moins de problèmes de comportement. Ils affichent également une meilleure estime de soi, une santé mentale positive et sont meilleurs à développer des liens sociaux. Il devrait être évident qu’il nous faut remplacer nos biscuits par un bol de fruits frais, néanmoins, même en tant qu’adultes, nous avons encore de la difficulté à faire des choix alimentaires sains sur une base quotidienne. Cela est en partie dû à un manque d’information, mais une autre raison qui explique pourquoi nous avons souvent de la difficulté à manger sainement est que notre environnement n’est pas établi pour nous aider à faire des choix judicieux. Heureusement, les éducateurs de l’Ontario peuvent utiliser les nombreux outils mis à leur disposition pour aider les élèves concernant ces deux aspects. Parmi ces outils, il y a Le curriculum de l’Ontario de la 1re à la 8e année Éducation physique et santé (révisé), la Politique concernant les aliments et les boissons dans les écoles, et le Programme de reconnaissance des écoles saines du ministère de l’Éducation. Les éducateurs peuvent également demander l’aide de divers partenaires communautaires concernés qui sont prêts et capables de transmettre l’information et de fournir le soutien dont les élèves ont besoin pour faire des choix positifs en matière de nutrition. Enseigner aux élèves toute la vérité sur les aliments Avant qu’ils ne puissent choisir de s’alimenter sainement, les élèves doivent apprendre ce qu’il faut faire pour s’alimenter sainement, mais cela ne représente qu’une pièce du casse-tête. Ils doivent aussi développer des habiletés de pensée critique qui leur permettront de comprendre comment les médias, leurs pairs et d’autres influencent leurs choix alimentaires, ainsi que des habiletés personnelles pour les aider à être à l’écoute de leur corps et prendre en main les choix concernant l’alimentation. Le programme-cadre révisé Éducation physique et santé (et les soutiens offerts pour le mettre en oeuvre) est un outil essentiel pour aider les éducateurs à inculquer ces habiletés et ces connaissances aux élèves. Le programme-cadre EPS révisé, domaine Vie saine En 2010, le ministère de l’Éducation a publié un nouveau programme-cadre Éducation physique et santé. Celui-ci utilise une approche globale pour aborder divers sujets y compris la saine alimentation (qui fait partie du domaine Vie saine — l’un des trois domaines). Chez les élèves du primaire, cet apprentissage inclut des renseignements pratiques liés à l’alimentation que les enfants peuvent utiliser pour faire des choix sains. Par exemple, en 5e année, les élèves apprennent à exercer leur pensée critique lorsqu’ils examinent des étiquettes nutritionnelles tandis qu’au niveau intermédiaire, les leçons misent sur les connaissances apprises en leur demandant d’appliquer leur compréhension de concepts nutritionnels dans une gamme de cadres communautaires. Brad Strong, un enseignant spécialiste en Éducation physique et santé au Henry Munro Middle School à Gloucester, en Ontario, explique, « Ils commencent à saisir la relation qui existe entre la nutrition et la maladie. Et ils commencent à comprendre l’impact à long terme des choix d’aliments malsains et deviennent plus adeptes à gérer leur consommation d’aliments ». Le développement personnel et identitaire En plus de ses trois domaines d’étude, le programme-cadre contient également un ensemble global d’attentes liées au développement personnel et identitaire. Ces quatre volets — la communication, les habiletés personnelles, les habiletés interpersonnelles et les habiletés de pensée critique et créative — représentent les habiletés qui font de l’apprentissage en éducation physique et santé quelque chose de pertinent pour les élèves. Selon Heather Gardner, Conseillère au programme-cadre d’EPS d’Ophea, « Les élèves apprennent à avoir un esprit critique au sujet des facteurs qui influencent les décisions qu’ils prennent au sujet de leur alimentation et les aliments qu’ils choisissent, que se soit leurs pairs, leurs parents ou les médias. Ils développent également des habiletés personnelles en reconnaissant des signes internes qui nécessitent le désir de manger ou de boire tels les poussées de croissance, le stress et les niveaux d’activité physique ». Plutôt que de tout simplement leur dire ce qui est sain et ce qui ne l’est pas, l’apprentissage par le biais des attentes liées au développement personnel et identitaire inculque les notions nécessaires pour évaluer l’information qu’ils reçoivent, pour identifier leurs besoins personnels, et pour faire des choix sains. Ce n’est pas seulement l’enseignement des habiletés liées au développement personnel et identitaire, mais aussi le fait que les élèves doivent participer dans des discussions régulières sur des sujets liés à la santé, qui permet aux éducateurs de maintenir une approche souple et équilibrée abordant les préoccupations des élèves et d’adapter le programme pour répondre aux besoins individuels. Après tout, en ce qui concerne l’alimentation, ce qui peut être bien pour une personne ou une famille ne le sera pas nécessairement pour une autre. Les éducateurs doivent demeurer conscients que les élèves n’ont pas tous le même degré de contrôle sur les aliments qu’ils mangent à la maison et les aliments qu’ils apportent à l’école. De plus, les éducateurs doivent également tenir compte des réalités telles que la pauvreté, les allergies et les intolérances alimentaires, et les pratiques culturelles. Il faut éviter de penser à la nutrition de façon rigide et d’imposer des « règles strictes au sujet de l’alimentation » pour réduire les déclencheurs potentiels des préoccupations au sujet de l’image corporelle ou des troubles de l’alimentation.

Des ressources d’appui au programme-cadre sont disponibles

Il ne fait pas l’ombre d’un doute, la saine alimentation est un sujet qui peut être difficile à aborder! Les éducateurs qui cherchent du soutien peuvent en trouver dans les Ressources d’appui au programme-cadre d’Ophea, une ressource en ligne qui comprend des leçons qui abordent la saine alimentation et qui fait des liens directs avec les attentes du programme-cadre, dont celles liées au développement personnel et identitaire. Comme l’explique Mme Gardner, « Ici à Ophea, nous comprenons que les habiletés acquises dans la classe, dont celles de la pensée critique, de l’affirmation du caractère et de l’autoévaluation, sont essentielles pour aider les élèves à faire des choix alimentaires sains dans leur vie de tous les jours ». De plus, comme l’explique M. Strong, « les activités proposées dans les leçons visent à tirer profit de diverses stratégies d’enseignement pour ainsi faire participer les différents types d’apprenants ».

La mise en place d’un environnement sain

Bien qu’il soit essentiel de présenter les faits aux élèves et de leur inculquer les habiletés de pensée critique et d’autoévaluation, si nos milieux scolaires et l’ensemble de la communauté ne soutiennent pas et ne reflètent pas ce qui est enseigné, nos messages au sujet de la saine n’auront vraisemblablement pas un grand impact. La Politique concernant les aliments et les boissons dans les écoles Selon M. Strong, « Les écoles ont une responsabilité de donner l’exemple en ce qui concerne des habitudes alimentaires saines ». Heureusement, la Politique concernant les aliments et les boissons dans les écoles, qui est entrée en vigueur en septembre 2011, leur fournit des lignes directrices claires pour y arriver. La politique comprend des normes d’alimentation sur les aliments et les boissons vendus dans les écoles et met en application les principes du Guide alimentaire canadien. Elle assure que tous les aliments vendus quotidiennement dans les écoles publiques de l’Ontario aient une haute teneur en nutriments essentiels et une plus faible teneur en gras, sucre et sodium. Selon Susan Hall, une infirmière en santé publique au secondaire pour le Service de santé publique de la Ville de Hamilton, « Les écoles peuvent tirer la meilleure partie de la politique en l’adoptant. Pour cela, il faut fournir et vendre que des aliments sains, éviter d’utiliser les aliments comme récompense, enseigner aux élèves et au personnel des recettes santé savoureuses, sensibiliser les parents au sujet de la politique et partager des recettes et conseils pour une saine alimentation dans les bulletins ».

Travailler avec les partenaires communautaires

Si notre but est d’entraîner des changements durables dans les habitudes alimentaires de nos élèves, nous devons accepter que nous ne puissions apporter ces changements seuls. Ce que les élèves apprennent à l’école sur l’alimentation saine doit être reflété dans l’ensemble de la communauté, et la meilleure façon d’y arriver est de travailler en collaboration avec les divers intervenants de la communauté pour que tout le monde fasse partie de la solution. Pour commencer, si vous voulez établir des partenariats, vous n’avez qu’à communiquer avec les bureaux de santé publique. En effet, les Normes de santé publique de l’Ontario (2008) obligent les professionnels de la santé publique à travailler avec les écoles et les conseils scolaires. En utilisant une approche globale à la promotion de la santé, l’infirmière en santé publique d’une école peut offrir des programmes qui font des liens directs avec le programme-cadre et abordent les sujets de la saine alimentation et du poids santé. Et, bien que les infirmières en santé publique soient une merveilleuse ressource pour des connaissances à jour au sujet de la santé et de la nutrition, elles ne sont que le début. Mme Hall suggère que « les parents, les grands-parents et les groupes confessionnels peuvent aider à gérer des programmes de nutrition. Des agriculteurs ou des chefs cuisiniers peuvent venir parler aux élèves des aliments cultivés localement. Des gérants d’épicerie peuvent leur enseigner la provenance des aliments et la façon de lire les étiquettes nutritionnelles. Des diététistes peuvent discuter du Guide alimentaire canadien et leur offrir d’autres ressources pédagogiques ». Elle ajoute également qu’« à Hamilton, des athlètes tels que les joueurs des Tiger-Cats rendent visite aux écoles pour promouvoir des modes de vie sains et actifs ». De plus, des organismes tels que les Clubs des petits déjeuners du Canada, les Producteurs laitiers du Canada, et les Producteurs d'œufs du Canada peuvent aider à apporter des aliments sains et des programmes d’éducation dans les écoles.

Célébrer vos réussites

Les écoles peuvent également développer davantage un environnement favorable à la saine alimentation en participant au Programme de reconnaissance des écoles saines du ministère de l’Éducation, qui encourage et valorise les pratiques et comportements sains dans les écoles de l’Ontario. Pour participer, les écoles s’engagent à organiser une activité saine, soit une nouvelle activité ou l’élargissement d’une activité existante. Le premier ministre et le ministre de l’Éducation souligneront officiellement la participation des écoles au Programme en leur remettant un certificat et un fanion. De plus, la liste des écoles participantes sera affichée sur le site du ministère de l'Éducation. C’est une excellente façon de célébrer les réussites de votre école tout en rehaussant le profil de votre établissement dans la communauté et de susciter l’enthousiasme chez les élèves. Pour en savoir plus, veuillez visiter la page Web du Programme de reconnaissance des écoles saines. Aider les élèves à adopter à une alimentation saine pour la vie Bien que vous éprouveriez probablement de la difficulté à trouver un élève qui dit préférer un bol de soupe santé aux légumes à une pointe de pizza graisseuse, il est important de se rappeler que les grands changements surviennent à partir de petits pas, et qu’aider les élèves à faire le changement vers des choix d’aliments sains ne doit pas donner l’impression d’être un sacrifice ou une punition. Comme l’explique M. Strong, « Ce n’est pas en humiliant les jeunes au sujet de leurs choix alimentaires actuels que nous allons favoriser de façon efficace les changements dans leur choix et leurs comportements. Le message doit rester positif ». C’est en utilisant le programme-cadre révisé EPS comme point de départ, en créant un environnement favorable à la saine alimentation par le biais d’initiatives telles que la Politique concernant les aliments et les boissons dans les écoles et le Programme de reconnaissance des écoles saines, et en accédant à l’abondance de ressources communautaires disponibles que les écoles peuvent créer une culture qui non seulement adopte des choix sains comme nouvelle norme, mais qui le fait de façon à ce que les enfants veuillent en faire partie. Selon M. Strong, « Parfois lorsqu’on expose les enfants à des choix alimentaires sains, cela leur permet de réaliser que ces choix alimentaires sains peuvent être tout aussi agréables que les choix moins sains. Lorsque nous enseignons aux élèves “la vérité” au sujet de l’information nutritionnelle et que nous leur inculquons des habiletés dont ils auront besoin pour prendre de bonnes décisions tout au long de leur vie, nous sommes plus susceptibles de favoriser une génération d’enfants qui grandiront non seulement en mangeant des aliments sains à l’école parce qu’ils sont offerts, mais qui mangeront également bien à la maison et dans la communauté parce qu’ils comprennent que c’est important et reconnaissent qu’en faisant de sorte ils se sentent bien et en santé.