Naviguer de façon sécuritaire et avertie | Ophea.net

Naviguer de façon sécuritaire et avertie

Lundi, Octobre 31, 2016 - 14:01

Favoriser la bonne citoyenneté numérique dans un monde sans fil

Que nous fassions une recherche pour une recette ou des directions, que nous partagions des photos sur les réseaux sociaux ou que nous effectuions des transactions bancaires en ligne, il ne fait aucun doute que nous vivons dans un monde numérique. En tant qu’adultes, le monde numérique nous est devenu essentiel au quotidien comme outil, activité récréative et moyen de communication ; cela est d’autant plus vrai pour nos élèves qui n’ont jamais connu un monde sans Google, Instagram, YouTube, Musically et Snapchat (pour n’en nommer que quelques-uns).

Cependant, bien qu’il y ait de nombreux aspects positifs à notre monde branché, il peut y avoir des inconvénients et des dangers, tout particulièrement pour les jeunes personnes qui développent encore les habiletés de la pensée critique et les habiletés interpersonnelles requises pour demeurer en sécurité et pour avoir des interactions positives en ligne.

Pour compliquer les choses davantage, l’environnement en ligne est en constante évolution. Il peut être difficile pour les enseignants de rester à l’affut des nouveautés et des tendances, mais n’ayez crainte, car peu importe l’application ou l’appareil électronique, les leçons qui portent sur l’utilisation responsable et sécuritaire de la technologie et qui promeuvent la bonne citoyenneté numérique demeurent en grande partie les mêmes en ligne que dans le monde réel. 

En quoi consiste un bon citoyen numérique?

« Les bons citoyens numériques possèdent de bonnes habiletés de la pensée critique et un esprit indépendant », explique Dre Wendy Craig, codirectrice scientifique de PREVNet, un réseau national réunissant des chercheurs scientifiques de renom et des organismes qui unissent leurs efforts pour enrayer l’intimidation au Canada, et chef de la Faculté de psychologie de l’Université Queen’s. « Ils entretiennent des relations positives et ils sont respectueux et aimables. Ils peuvent également adopter des comportements montrant qu’ils prennent soin d’eux et qu’ils s’évaluent ».

Selon Dre Craig, la seule vraie différence entre un bon citoyen dans le monde réel et un bon citoyen numérique est que ce dernier connaît bien aussi les différents types d’applications et de technologies qu’il utilise, mais le raisonnement qui explique le besoin de savoir est le même. Par exemple, il est important de savoir comment utiliser les paramètres de confidentialité des comptes de réseaux sociaux pour les mêmes raisons qu’il est important de ne jamais divulguer ses renseignements personnels comme l’adresse de son domicile à un étranger dans la vie de tous les jours.

« Je dis toujours à mes élèves que lors qu’ils clavardent ou qu’ils envoient des messages directs, ils ne devraient pas publier des choses qu’ils ne diraient pas à quelqu’un en personne », ajoute Brent Gordon, un enseignant d’éducation physique et santé (ÉPS) de 6année au Don Mills Middle School à Toronto. Gordon insiste sur le respect dans toutes les interactions. Il rappelle aussi régulièrement à ses élèves qu’ils ne sont pas aussi anonymes en ligne qu’ils le croient et que les actions en ligne ont des conséquences dans le monde réel.

La sécurité en ligne commence par l’initiation et l’éveil

Comme nous avons pu le constater dans de récents cas très médiatisés de cyberintimidation (comme le cas d’Amanda Todd, une adolescente de la Colombie-Britannique qui s’est suicidée après avoir été victime d’actes continus d’intimidation et de cyberintimidation), les conséquences dans le monde réel de ces comportements en ligne peuvent être dévastatrices. Les dangers que représentent les prédateurs en ligne sont également très réels, et les élèves sont exposés à ces risques à un âge de plus en plus précoce.

Selon Dre Craig, l’élève moyen reçoit son premier téléphone intelligent en 7e année, mais le quart des élèves en possèdent un en 4e année. Les élèves ont vraiment l'Internet dans leurs mains dès cet âge et les parents/tuteurs et les enseignants ne sont pas en mesure de surveiller constamment la façon dont ils l’utilisent. C’est pour cette raison qu’il est essentiel de parler de la sécurité sur Internet dès un jeune âge et d’adopter une approche progressive.

Comme l’explique Dre Craig, « Dans la vraie vie, nous ne faisons pas tout simplement leur dire au revoir et les laisser traverser la rue. Nous nous arrêtons, nous regardons des deux côtés de la rue, puis nous traversons ensemble. Il en est de même lorsque nous laissons les enfants naviguer en ligne. Nous commençons en nous assoyant avec eux et en leur donnant des conseils. Nous les aidons lorsqu’ils naviguent dans le monde en ligne et nous les sensibilisons aux dangers auxquels ils peuvent être confrontés. » 

Le programme-cadre d’ÉPS établi des attentes relatives à la sécurité en ligne.

Le programme-cadre d’ÉPS de 2015 comprend des contenus d’apprentissage et des attentes relativement aux comportements en ligne qui sont intégrés aux volets consacrés à la Sécurité et au Développement et à la santé sexuelle du domaine d’étude Vie saine et aux Habiletés de vie, (habiletés personnelles, habiletés interpersonnelles et habiletés de la pensée critique et créative) qui sont intégrées à l’ensemble du programme-cadre d’ÉPS.

« Nous souhaitons que les élèves fassent appel à leurs habiletés de vie comme la pensée critique afin qu’ils se questionnent sur ce qu’ils voient et qu’ils réfléchissent à l’intégrité de ce qu’ils font  » explique Heather Gardner, conseillère d’Ophea en matière du programme-cadre. « La sécurité sur Internet devient alors tout simplement une partie de la sécurité dans la vie quotidienne que nous enseignons aux élèves. Il ne s’agit vraiment que d’un prolongement de ce que nous faisons déjà. »

Les habiletés de vie soutiennent les interactions positives en ligne.

Bien que des aspects négatifs puissent être associés à l’utilisation d’Internet, notamment la cyberintimidation et le temps excessif passé devant un écran menant à une diminution du niveau d’activité physique, il est important d’en reconnaître les nombreux aspects positifs.

En ce qui a trait aux habiletés de vie, Mme Gardner a pu observer des élèves faisant une bonne utilisation de la technologie, ce qui les aide à développer leurs habiletés personnelles comme établir des objectifs et faire le suivi de leurs progrès. « Beaucoup d’appareils sont utilisés pour motiver les personnes, comme les différents jeux et appareils de suivi de la condition physique » explique-t-elle. « Il y a beaucoup d’information sur la façon dont ces applications et ces jeux encouragent les gens à bouger plus ». Lorsque l’on utilise de nouvelles technologies comme les jeux et les applis de suivi, il est toujours important de passer en revue avec les élèves les consignes de sécurité en ligne, de les aider à comprendre les paramètres de confidentialité en ligne et à être conscient de qui peut avoir accès à leurs informations de suivi. Qui plus est, les discussions devraient aider les élèves à examiner la raison pour laquelle les applications recueillent des données personnelles et la façon dont elles utilisent les données.

De plus, les habiletés interpersonnelles peuvent être développées en ligne. Comme le souligne Dre Craig, « Ce sont les enfants qui sont vulnérables dans notre société qui en profite le plus. » Par exemple, un élève ayant un trouble d’anxiété sociale peut clavarder avec des amis tandis qu’un élève gai ou qui se questionne sur sa sexualité peut trouver une communauté de soutien de pairs.

L'Internet peut également être un formidable outil d’apprentissage, notamment en permettant aux élèves de renforcer leur vocabulaire en faisant une recherche pour un mot sur leur liseuse électronique, en effectuant une recherche en ligne pour de l’information ou dans le cadre du processus d’enquête.

Comment pouvez-vous aider à promouvoir une bonne citoyenneté numérique?

Nous soulignons ce mois-ci la Semaine de la sensibilisation à l’intimidation et de la prévention (13 au 19 novembre), et même si les médias rapportent encore des cas de cyberintimidation, il y a aussi de bonnes nouvelles. Plusieurs enseignants utilisent ces cas réels pour en faire des moments propices à l’enseignement. « Il est très utile de faire part de ces récits et de demander aux élèves de les décortiquer, » explique Mme Gardner. De plus, bien que les médias accordent plus d’attention à la cyberintimidation, le nombre de cas n’augmente pas. En fait, selon Dre Craig, le nombre de cas rapportés n’a pas augmenté au cours des huit dernières années.

En plus de faire part de récits au sujet de la sécurité sur Internet, les enseignants peuvent aussi tenter de donner le bon exemple par la façon dont ils se servent des technologies et ils peuvent établir des paramètres pour les interactions en ligne comme en orientant le ton et le contenu des messages publiés en ligne lors de l’utilisation de Google Classroom ou d’autres outils d’apprentissage en ligne.

Les politiques scolaires peuvent vous aider à vous orienter.

Lorsque les choses tournent mal dans le monde en ligne, le monde réel a mis en place du soutien pour aider les enseignants à gérer la situation comme la Loi sur l’éducation, la NPP no 145, Discipline progressive et promotion d’un comportement positif chez les élèves et la NPP no 144, Prévention de l’intimidation et intervention.

Comme l’explique Mme Gardner, « Que les enseignants soient à la recherche d’information pour enseigner aux élèves ou qu’ils soient à la recherche d’un plan pour soutenir les élèves à la suite d’un incident, ces documents fournissent des consignes et de l’orientation relativement à ce qu’ils devraient faire. »

Lorsque vous avez des doutes, consultez les ressources.

Ophea offre plusieurs ressources visant à promouvoir une bonne citoyenneté numérique, y compris Cyberagents (7e et 8e année) et BranchÉ (4e à 6e année), qui ont toutes deux été mises à jour récemment pour assurer une cohérence avec le programme-cadre d’ÉPS de 2015, incluant du contenu portant sur les relations saines et le consentement. Ces ressources furent élaborées en partenariat avec des experts et des organismes œuvrant dans le domaine dont Jeunesse, J’écoute et la PPO, et elles sont disponibles en ligne à partir du site Web du Carrefour pédagogique d’Ophea. La ressource Cyberagents est conçue pour les élèves de 7e et 8e année et elle comprend des jeux, des modules interactifs et des plans de leçons établissant des liens au programme-cadre d’ÉPS. « BranchÉ est une de nos ressources les plus populaires », explique Mme Gardner. « Elle comprend des vidéos avec des personnages d’animation et des personnages en chair et en os. Les élèves regardent ces personnages faire leur chemin à travers différentes situations que l’on rencontre dans la vraie vie, et il y a des pauses permettant la discussion et la réflexion, ainsi que des outils interactifs. »

M. Gordon croit qu’il est utile de se servir de BranchÉ avec ses élèves de 6e année. Une vidéo en particulier portant sur une situation qui a émergé lors d’un clavardage a vraiment ouvert les yeux de ses élèves. Dans cette vidéo, le personnage porte un uniforme scolaire, ce qui permet à un prédateur en ligne de le trouver. « La ressource BranchÉ est fantastique, » dit M. Gordon. « Elle présente de réelles situations pertinentes auxquelles les élèves peuvent s’identifier et elle aborde de nombreuses questions, de la dépendance au jeu à la cyberintimidation ».

Dre Craig suggère aussi de consulter HabiloMédias—un site Web canadien bilingue comprenant un grand éventail de ressources d’éducation aux médias et de littératie numérique pour les enseignants et les parents/tuteurs. « Le site Web est convivial et les ressources que l’on y trouve sont fondées sur des données probantes, » ajoute-t-elle.

Parmi les autres ressources de soutien, on note Identité et citoyenneté numérique du Comité consultatif du programme d’achat de logiciels de l’Ontario (CCPALO), une série de sept jeux-questionnaires interactifs ayant pour but la sensibilisation et l’éducation sur des notions de citoyenneté numérique et qui sont conçus pour tous les enseignants et tous les élèves, ainsi que le guide L’intimidation : Essayons d’y mettre un terme du ministère de l’Éducation présentant aux parents/tuteurs ce à quoi ils doivent prêter attention, ce qu’ils peuvent faire et où ils peuvent obtenir de l’aide pour leurs enfants en ce qui concerne l’intimidation.

La nouvelle initiative d’Ophea Agents/Agentes de campagne : Passez à l’action fait également appel à une approche dont la mise en œuvre s’effectue dans les écoles afin d’aider des leaders parmi les élèves, les enseignantes et les enseignants de l’Ontario à lutter contre les principales causes de la violence et du harcèlement à caractère sexuel en promouvant des relations saines et l’égalité entre les personnes, incluant des interactions et des relations en ligne saines, ainsi que le respect mutuel, un élément clé dans la prévention et l’élimination de la violence et du harcèlement à caractère sexuel. Pour en apprendre davantage sur ce projet et sur la façon de s’y inscrire, rendez-vous au Carrefour pédagogique d’Ophea.

Contactez ceux qui peuvent vous aider dans votre communauté.

Mme Gardner recommande également de communiquer avec la direction de votre école, la Police provinciale de l’Ontario, Jeunesse, J’écoute, la police locale ou le bureau de santé publique de votre région pour obtenir des ressources et du soutien. « Renseignez-vous au sujet des ressources qui ont été utilisées par le passé et de ce qu’a fait l’école, » dit-elle.

Une autre bonne façon de rester à jour au sujet des tendances en matière de technologie est de collaborer avec d’autres enseignants et différents organismes (p. ex., l’Organisation ontarienne pour la cybernétique en éducation). « Ça change très rapidement, » explique M. Gordon. « Aujourd’hui, c’est Snapchat, mais demain ça peut être quelque chose de nouveau ».

Il s’agit vraiment d’aider les enfants à prendre des décisions morales, en ligne et hors ligne.

Même si les élèves semblent adopter de nouvelles technologies rapidement et facilement, il est important de reconnaître qu’ils continueront à voir besoin de notre soutien.

« La génération actuelle d’adultes a moins d’expérience en ligne que les enfants, » dit Dre Craig. « Il arrivera un point où ils vont nous dépasser en matière de savoir-faire technologique, mais nous devons réaliser que même s’ils ont ce savoir-faire pour naviguer en ligne, nous devons leur fournir un soutien émotif et les aider à demeurer en sécurité ».

« Nous devons mettre en pratique ces habiletés essentielles d’évaluation qui reflètent nos valeurs morales et connaître la façon dont les enfants et les adultes devraient agir dans des relations » dit Dre Craig en guide de conclusion.

Après tout, c’est en enseignant aux élèves à penser de façon critique au sujet de ce qu’ils lisent, voient et communiquent, puis à agir de façon aimable et intègre que nous allons les aider à assurer leur réussite et leur sécurité dans le monde virtuel et réel.