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Tout le monde au jeu!

Lundi, Juillet 4, 2016 - 13:12
Students in wheelchairs with other students and teacher taking part in a phys. ed class.

« L’inclusion ne consiste pas à placer les gens dans ce qui existe déjà, mais plutôt à créer pour tous et chacun une place bien à eux ».- George Dei, 2006

La participation à l’activité physique quotidienne est essentielle au développement des enfants. Cela leur permet d’acquérir leur savoir-faire physique, c.-à-d. la capacité de bouger de façon compétente et avec assurance dans un grand éventail d’activités physiques. De plus, les études ont montré que l’activité physique quotidienne augmente le niveau de concentration et favorise ainsi la réussite scolaire. À cause des divers besoins des élèves dans une salle de classe, il peut parfois sembler que faire participer tous les élèves au meilleur de leurs capacités est une tâche insurmontable.

Heureusement, il est facile d’obtenir de l’aide, et la création d’un environnement inclusif pour l’activité physique peut être plus simple que vous le pensez. Qui plus est, lorsqu’un éducateur met en place des accommodements pour aider les élèves ayant des besoins particuliers (y compris ceux ayant une déficience cognitive ou physique), ceux-ci auront vraisemblablement un effet profond et inattendu sur les résultats d’apprentissage de chaque élève dans la classe.

Comprendre les besoins particuliers

Il y a plusieurs types de besoins particuliers, que ce soit relativement à une déficience cognitive ou physique, et des enfants ayant la même déficience peuvent avoir des besoins différents selon leurs capacités, leurs niveaux d’habileté, leurs expériences antérieures et leur attitude envers l’activité physique. C’est pour cette raison qu’il est utile de bien comprendre les divers types de déficiences cognitives ou physiques, mais il faut garder à l’esprit que chaque élève nécessitera une approche unique.

L’inclusion permet à tous une participation à parts égales, mais de façons différentes!

Comme l’explique Lorraine Holt, enseignante responsable du soutien pour les programmes à l’école au Kenollie Public School à Mississauga et rédactrice en chef de la ressource d’Ophea Étapes vers l’inclusion, « Un environnement réellement inclusif pour l’activité physique n’est pas un environnement dans lequel tous les enfants font la même chose. C’est plutôt un endroit où les enfants participent ensemble à une session d’activité selon leurs niveaux d’habileté. Les enfants sont tous actifs et tous tirent profit des bienfaits de l’activité physique ».

Mark Verbeek, conseiller en matière de conditionnement physique et de bien-être (J-12) pour le conseil scolaire Hamilton-Wentworth, ajoute : « Cela met les élèves au défi de faire appel aux différents types d’habiletés et leur donne l’occasion de prendre des risques et de le faire de façon sécuritaire ».

Dans un tel environnement, tous les élèves se sentent inclus et appréciés, et il y a une compréhension inhérente que chacun peut réussir à sa façon. Certaines activités sont parfois modifiées et, si nécessaire, les attentes varient afin que tous les élèves puissent réussir. De l’aide est fournie au besoin et il y a un esprit de coopération et de respect mutuel.

C’est tout simplement un enseignement de qualité…

Si ces descriptions vous rappellent l’environnement de toute école ou salle de classe saine, vous êtes probablement déjà sur la bonne voie pour créer un environnement inclusif pour l’activité physique. « Les accommodements sont souvent considérés comme étant tout simplement une bonne pratique d’enseignement », explique Mme Holt, qui les compare à un enseignement différencié, un cadre de travail pour un enseignement efficace qui demande de déterminer les attentes que tous les élèves doivent atteindre tout en les aidant à les atteindre des façons qui leur conviennent le mieux.

Comme elle l’explique, « la répétition des instructions, la variation de l’équipement et les nombreuses démonstrations constituent la plupart des accommodements faits dans le gymnase ». Par exemple, lors de l’enseignement de la façon de faire un lancer déposé au basketball, l’éducateur doit expliquer les diverses étapes à suivre et il doit en faire la démonstration. Afin d’accommoder davantage les élèves, un tableau décrivant les étapes pourrait être créé et affiché au mur pour les apprenants visuels, ou l’on pourrait demander aux élèves de répéter les instructions pour s’assurer de leur compréhension. Si un élève ne réussit pas à effectuer un lancer déposé, un autre accommodement possible pourrait être de baisser le panier ou d’utiliser un ballon plus léger.

Comme l’explique Mme Holt, « Cela ciblera les différents types d’apprenants dans votre salle de classe. Par exemple, si vous avez un enfant qui a besoin que les instructions soient écrites et puis que quelqu’un lui en fasse la démonstration, cela aidera non seulement un enfant ayant un TDAHA, mais aussi un enfant ayant une déficience auditive, un enfant ayant un trouble d’apprentissage et devant apprendre de façon kinesthésique, ou peut-être un enfant diagnostiqué comme ayant un trouble du spectre autistique qui a besoin de consignes claires et concises ».

Qui plus est, particulièrement lors des premières années d’école, les enfants ont souvent des besoins particuliers associés à une déficience qui n’a pas encore été diagnostiquée. Divers accommodements aideront beaucoup ces élèves à réussir. Des accommodements peuvent également être bénéfiques pour les élèves n’ayant pas de déficience ou de besoins particuliers, mais qui autrement ne s’impliqueraient pas parce que leur style d’apprentissage diffère de la « norme ».

Lorsque les accommodements ne suffisent pas pour aider un élève, des modifications devraient également être apportées. Les modifications apportent des changements aux attentes pour certains élèves afin de leur permettre de réussir.

Comment peut-on savoir dans quelle situation on doit apporter des accommodements ou des modifications?

In most cases, when a child has been formerly diagnosed with a cognitive or physical disability, the modifications and accommodations necessary for physical education will be outlined in their Individual Education Plan (IEP). An IEP is a legal document that outlines the goals, accommodations and modifications that have been drafted by specialists who are familiar with the child’s history and abilities (such as medical doctors and psychologists).

Dans la plupart des cas, lorsque l’on a diagnostiqué une déficience cognitive ou physique chez un enfant, les modifications ou accommodements nécessaires seront décrits dans son plan d’enseignement individualisé (PEI). Un PEI est un document reconnu légalement énonçant les objectifs, les accommodements et les modifications qui ont été rédigés par des experts qui connaissent les antécédents de l’enfant et ses capacités (p. ex., médecins et psychologues).

Cependant, dans le cas où un élève a de la difficulté, mais qu’il n’a pas de PEI, il est important que les éducateurs fassent du travail d’enquête. Il pourrait s’agir d’avoir une discussion avec l’élève, avec ses parents ou tuteurs, ou son enseignant en classe, ou bien de consulter l’enseignant à l’enfance en difficulté de l’école pour de l’aide et de chercher pour des ressources dans la communauté. (Consultez la section des ressources pour des suggestions.)

M. Verbeek nous fait part du conseil suivant : « Analysez ce que vous faites. Faites une réflexion. Obtenez la rétroaction des élèves. Il pourrait également y avoir des problèmes de motivation et d’engagement ».

L’inclusion requiert un travail d’équipe.

Les parents/tuteurs, les enseignants et les organismes de soutien sont tous des intervenants importants pour donner de l’aide aux élèves ayant des déficiences, et lorsque tout le monde met la main à la pâte, des choses extraordinaires peuvent se produire.

James Noronha, gestionnaire de programme chez Olympiques spéciaux Ontario, un organisme offrant des programmes d’entraînement et de compétition à longueur d’année pour les personnes ayant des déficiences cognitives, souligne quant à lui : « Il y a un aspect collectif à faire du sport. Il y a un élément d’équité et de leadeurship et, plus important encore, il y a l’acceptation que le sport peut apporter ».

Un récent évènement organisé par Olympiques spéciaux Ontario illustre l’ampleur de l’impact que ce type de travail d’équipe peut avoir, non seulement sur les élèves ayant des déficiences, mais également sur l’ensemble des communautés scolaires.

En octobre 2013, l’organisme collabora avec la Providence Christian School, une école privée dans la communauté rurale de Dundas en Ontario, par le biais de son programme « Four Corners » pour accueillir un tournoi de bocce pour les élèves ayant des déficiences cognitives. « Nous avons demandé à l’école d’accueillir l’évènement et de fournir 10 à 20 bénévoles », explique Kristin Bobbie, coordinatrice de projets de championnat scolaire. « Ils ont plutôt organisé un évènement avec toute la population étudiante avec la participation de plus de 200 élèves ».

« Les élèves (du Providence Christian School) ont souhaité la bienvenue aux athlètes et tout au long de la journée, ils ont côtoyé les équipes et agi en tant qu’ambassadeurs », d’ajouter Mme Bobbie. Plusieurs des élèves qui ont participé à la préparation et à la tenue de l’évènement avaient rarement côtoyé des élèves ayant des déficiences cognitives et elle croit que ce fut une expérience révélatrice et enrichissante pour eux.

L’inclusion améliore les résultats d’apprentissage et favorise l’empathie.

En assurant que tous les environnements pour l’activité physique sont inclusifs, on s’assure que tous les enfants, qu’importent leurs déficiences, pourront jouir des bienfaits de l’activité physique. Pour un enfant ayant une déficience, l’inclusion lui donne l’occasion de socialiser avec d’autres élèves tout en développant des habiletés motrices et de communication fondamentales. Pour ce qui est de l’enfant chez qui aucune déficience n’a été décelée, l’inclusion lui enseigne la tolérance, la patience et le respect mutuel.

En guise de conclusion, Noronha explique « Honnêtement, l’inclusion fait des élèves de meilleurs élèves. L’inclusion fait également des enseignants de meilleurs enseignants ».

C’est une question de participation active et de réalisations personnelles!

Lors de votre travail avec des enfants avec déficiences cognitives ou physiques dans votre programme d’activité physique, vous remarquerez vite qu’il y a bien plus de similarités que de différences pour ce qui est de la planification des leçons. Après tout, l’objectif demeure le même, c.-à-d. que tous participent activement. D’autres facteurs communs sont la participation des parents et des communautés, un environnement et des stratégies aidant tous les élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes.

« Je n’ai jamais considéré que l’enseignement aux élèves ayant des besoins particuliers était différent de l’enseignement aux autres élèves », souligne M. Verbeek. « Je crois que tous les élèves ont des besoins en matière d’apprentissage, mais pour bien leur enseigner, il faut déterminer les besoins des élèves et faire avancer leur apprentissage en adoptant une différenciation de l’enseignement dans l’environnement où l’on fait de l’activité physique de façon à ce qu’elle soit sécuritaire, inclusive et pleine de défis ».

De plus, comme pour tous les enfants éprouvant des difficultés, il faut poser des questions et obtenir du soutien pour les aider. Consultez d’autres éducateurs, des parents, l’enseignant en enfance en difficulté à votre école et les services de soutien dans votre communauté, et continuez à poser des questions jusqu’à ce que vous trouviez des stratégies qui fonctionnent. Comme l’explique Mme Holt, « Nous sommes tous différents. Il est important de bien le comprendre. Nous avons tous différents besoins et différentes façons d’apprendre ».

Pour de plus amples renseignements et pour des conseils pour favoriser l’inclusion, veuillez consulter la ressource Étapes vers l’inclusion d’Ophea