Une évaluation favorisant la réussite des élèves | Ophea.net

Une évaluation favorisant la réussite des élèves

Vendredi, Mars 31, 2017 - 17:04

Soutenir l’évaluation en éducation physique et santé

Ophea et l’OASPHE, les deux associations provinciales en Ontario dont la vocation est axée sur l’ÉPS, ont publié conjointement un énoncé de principes, « Évaluation de qualité pour appuyer l’acquisition des habiletés associées au savoir-faire physique en éducation physique et santé » , dans lequel ils énoncent sept messages clés. L’énoncé de principes aide les enseignants à avoir une compréhension commune des buts de l’évaluation du savoir-faire physique et à comprendre ce qu’ils doivent faire pour aider les élèves à être actifs physiquement, et il leur fournit des outils et des méthodes efficaces pour recueillir des éléments de preuve dans le but précis d’améliorer l’apprentissage des élèves.

Les sept messages clés :

1. L’apprentissage efficace en éducation physique et santé repose sur la sécurité physique et émotionnelle.

Comme l’explique Joanne Walsh, ambassadrice d'Ophea, « Nous acquérons notre savoir-faire physique par essais et erreurs. Afin que les élèves prennent un risque et qu’ils essaient quelque chose de nouveau, ils doivent comprendre qu’il n’y a rien de mal à commettre des erreurs dans un espace public et que nous apprenons tous ensemble ». 

Les enseignants peuvent fournir un milieu sécuritaire (sur le plan physique) et sécurisant (sur le plan émotionnel) en suivant les Lignes directrices sur la sécurité en éducation physique de l’Ontario (ou toutes autres lignes directrices énoncées par leur conseil scolaire), en insistant sur l’importance de la sécurité dans le gymnase et la salle de classe, et en favorisant un milieu d’apprentissage inclusif qui reconnaît et respecte la diversité des élèves et qui tient compte des points forts, des besoins et des champs d’intérêt personnel de l’élève.

2. L’évaluation est un processus pédagogique ayant pour but d’améliorer l’apprentissage des élèves

L’adoption et le maintien d’habitudes saines se poursuivent la vie durant ; il n’y a donc aucun but ultime ou destination.

Selon Heather Gardner, ambassadrice d'Ophea, « Le programme-cadre met l’accent, entre autres, sur l’amélioration de la capacité individuelle au fil du temps plutôt que des résultats de performance immédiats. C’est la façon de faire qui importe ». Alors, même si les enseignants doivent attribuer une valeur à l’apprentissage effectué par les élèves à certains moments au cours de l’année (c.-à-d. les bulletins de progrès scolaire et le bulletin de fin d’année scolaire), les évaluations doivent toujours être considérées comme faisant partie du processus éducatif continu visant à améliorer l’apprentissage des élèves.

Mme Walsh explique : « Dans le cadre de nos efforts pédagogiques et de notre travail auprès des élèves, nous devons apprendre à ne plus percevoir l’évaluation comme étant une évaluation du rendement ». En mettant l’accent sur le processus plutôt que sur le produit (c.-à-d. la note finale), les enseignants et les élèves sont équipés pour travailler ensemble afin de fixer des résultats d’apprentissage, d’élaborer les critères d’évaluation et de donner et recevoir une rétroaction sur une base régulière. De cette façon, les enseignants sont en mesure d’évaluer le progrès des élèves et d’apporter des modifications aux stratégies d’enseignement en cours de route afin de leur donner la meilleure chance de réussir.

3. Les évaluations devraient responsabiliser les élèves dans leur apprentissage, être conçues de façon à leur donner au fil du temps de nombreuses occasions de démontrer l’étendue de leur apprentissage et de fournir de l’information utile aux enseignants afin que ces derniers soient en mesure de prendre des décisions éclairées en matière d’enseignement.

Comme l’explique Mme Gardner, « Nous souhaitons que les élèves soient en mesure de fixer des objectifs personnels réalistes en matière de savoir-faire physique et de travailler dans le but de les atteindre ». Pour ce faire, il faut tout d’abord que les élèves s’impliquent et qu’ils soient enthousiastes au sujet de leur apprentissage. Comme précisé dans le document du ministère de l’Éducation portant sur l’évaluation et la communication du rendement, Faire croître le succès, les enseignants devraient susciter la participation des élèves en travaillant avec eux pour fixer les résultats d’apprentissage de chaque leçon. Cette façon de faire aide les élèves à comprendre ce en quoi consistent les résultats d’apprentissage et les critères d'évaluation et permet d’assurer que les critères d’évaluation sont prévisibles, justes et équitables. Cependant, cela ne signifie pas que tous les élèves devraient être évalués de la même façon, bien au contraire.

Selon Carolyn Temertzoglou, formatrice d’enseignants et membre exécutif del’OASPHE, « Nous devons fournir aux élèves de nombreuses occasions de mettre en pratique leurs habiletés, beaucoup de rétroaction et de nombreuses façons de démontrer leur apprentissage. Il peut s’agir de pauses d’apprentissage au cours d’un jeu ou d’une activité ou d’un résumé fait à la fin de la leçon. Il est aussi important de mettre l’accent sur l’autoévaluation, que ce soit par des billets de sortie à la fin du cours, par la tenue d’un journal, ou en demandant aux élèves de faire part d’une chose de laquelle ils se sentent fiers cette journée-là ou d’une chose qu’ils souhaitent améliorer ». Au fur et à mesure que les enseignants recueillent cette information, ils peuvent l’utiliser pour apporter des ajustements aux plans de leçons et aux stratégies d’enseignement afin d’aider tous les élèves.

4. Les résultats ou les pointages obtenus lors d’évaluations de la condition physique ne devraient pas être utilisés pour l’attribution de notes.

Bien que les évaluations de la condition physique puissent aider les élèves à déterminer leurs forces et les éléments requérant une amélioration ainsi qu’à établir un point de référence à partir duquel ils peuvent fixer leurs objectifs personnels en matière de condition physique, les résultats de ces évaluations ne devraient jamais servir directement à attribuer les notes ou être utilisés pour comparer un élève à un autre.

Selon Mme Gardner, « L’évaluation de la condition physique devrait se faire plusieurs fois au cours de l’année, elle devrait donner des choix aux élèves et, avant tout, elle devrait être stimulante et amusante ! » S’ils ne sont pas utilisés de la bonne façon, les résultats des évaluations de la condition physique (comme le test navette pour évaluer l’endurance cardiorespiratoire ou demander aux élèves de faire la planche pendant un certain temps pour évaluer la force de la sangle abdominale) peuvent mener à un sentiment d’échec pouvant décourager les élèves et les empêcher d’acquérir un amour la vie durant pour l’activité physique, ce qui est contraire à ce que tente d’inculquer le programme-cadre. 

Comme le souligne Mme Temertzoglou, « La condition physique n’est pas synonyme du savoir-faire physique. Cependant, en aidant les élèves à améliorer leur condition physique, nous pouvons contribuer à renforcer leur savoir-faire physique ». Les évaluations de la condition physique devraient toujours être utilisées dans le but d’aider les élèves à apprendre comment interpréter leurs résultats, à fixer des objectifs personnels et à élaborer des plans pour atteindre ces objectifs tout en évaluant leur progrès au fil du temps.

5. Les évaluations devraient être utilisées pour aider à l’acquisition des habiletés de vie.

Les habiletés de vie, c’est-à-dire les habiletés personnelles, les habiletés interpersonnelles et les habiletés de la pensée critique et créative qui sont intégrées à l’ensemble du programme-cadre, jouent un rôle clé dans la capacité des élèves à travailler afin d’atteindre les objectifs personnels qu’ils se sont fixés en matière de santé et de condition physique, ainsi qu’à développer de la résilience et à favoriser une santé mentale positive leur permettant de relever les défis auxquels ils seront confrontés au cours de leur vie. Comme le dit Mme Walsh, « Les habiletés de vie sont les habiletés du 21e siècle dont ont besoin les élèves pour naviguer dans leur monde ». 

Mme Gardner ajoute : « En faisant appel à leur connaissance de soi et leur capacité d’autoévaluation, les élèves sont en mesure de déterminer ce que sont leurs points forts et les points à améliorer. Ils peuvent ensuite recourir à leur capacité d’adaptation, à leurs habiletés organisationnelles et à leurs habiletés de la pensée critique pour apporter des améliorations. » De plus, elle souligne que ces habiletés peuvent également être mises en application pour apprendre à mieux manier un bâton au hockey en salle, pour faire des choix plus sains relativement à une saine alimentation ou pour faire appel à des stratégies favorisant une bonne santé mentale.

6. L’enseignant n’a pas pour rôle d’évaluer l’indice de masse corporelle (IMC).

L’indice de masse corporelle (IMC) est un rapport poids/taille calculé en divisant le poids (en kilos) par la taille (en mètre) au carré. Il s’agit d’un indicateur pouvant être utile pour les professionnels de la santé afin de les aider à évaluer le degré d’obésité d’une personne ou à déterminer si une personne a une insuffisance pondérale, mais ce n’est pas une mesure exacte de la santé ou de la condition physique en général.

Comme l’explique Alyson Beben, éducatrice en santé publique, « L’IMC ne tient pas compte de la masse musculaire, de la densité osseuse, des différentes morphologies, et des différences associées au sexe et à la race. De plus, point très important, l’IMC ne tient pas compte du fait que les enfants sont encore en pleine croissance ». C’est pour cette raison que l’évaluation de l’IMC des personnes de moins de 18 ans n’est pas recommandée, et que seul un professionnel de la santé devrait utiliser cet indicateur.

Selon Mme Beben, les bureaux de santé publique travaillent occasionnellement avec les conseils scolaires dans le but de recueillir des données sur la santé et le bien-être des élèves d’une région donnée. Cependant, si l’IMC est utilisé dans le cadre d’une enquête sur la santé dans une école, il est évalué par des infirmières de la santé publique et les résultats sont calculés selon l’âge et le sexe. De plus, les données sont utilisées pour acquérir des connaissances approfondies au sujet de la santé d’une grande population et elles ne devraient pas inclure de renseignements personnels pouvant associer les élèves et les écoles à leurs données.

Il est aussi important de tenir compte des conséquences émotionnelles de déterminer le poids et l’indice IMC d’un élève. Ce genre de pratiques peut avoir des conséquences sur son estime de soi et la perception de l’image corporelle de celui-ci et sur la relation qu’il entretient avec la nourriture. Les élèves sont également vulnérables aux taquineries, à l’intimidation et à l’humiliation. Cela ne favorise pas un environnement d’apprentissage sécurisant sur le plan émotionnel, un des principes fondamentaux en ÉPS.

7. Les évaluations devraient être inclusives, axées sur les élèves, personnalisées et cohérentes tout au long de l’année.

Les enseignants doivent être en mesure de répondre aux besoins divers des élèves. Lorsqu’il en vient à l’évaluation, les enseignants peuvent donner des choix aux élèves de plusieurs façons afin d’assurer une expérience d’apprentissage équitable et positive.

« Il n’y a aucun endroit dans le programme-cadre où l’on dit que les élèves doivent effectuer une habileté motrice particulière comme bercer une balle à la crosse », souligne Mme Temertzoglou. Elle suggère d’utiliser le modèle Apprendre par le jeu pour donner des choix aux élèves tout en aidant les élèves à réussir. Elle ajoute, « Plutôt que d’utiliser une unité traditionnelle pour jouer à la crosse, utilisez une unité mettant l’accent sur les jeux de territoire. De cette façon, les élèves sont exposés à différentes activités de préparation. À la fin de l’unité d’apprentissage, laissez les élèves choisir d’effectuer une habileté d’envoi ou de maniement/transport d’un objet qu’ils se sentent à l’aise de faire. En leur donnant des choix, les élèves ont tous l’occasion de se sentir compétents ».

De plus, si un élève est incapable d’effectuer une habileté particulière, l’enseignant peut trouver d’autres façons de lui permettre de démontrer sa compréhension. Comme l’explique Mme Walsh, « Il y a trois principales façons de recueillir des preuves d’apprentissage : les observations, les conversations et les productions ». Et il existe d’innombrables options parmi ces trois catégories. Pour ce qui est des observations, l’utilisation de la technologie permet aux élèves d’enregistrer et de regarder leur performance afin de s’autoévaluer.

Les conversations, comme la tenue d’un journal, les billets de sortie ou même la méthode du pouce vers le haut ou du pouce vers le bas pour indiquer l’apprentissage à la fin de la leçon, constituent d’excellentes façons d’aider les élèves à communiquer qu’ils ont effectué leur apprentissage. Il y a plusieurs productions comme des grilles d’évaluation, des listes de contrôle et des listes de contrôle à choix multiples (comme celles fournies par Ophea) que peuvent utiliser et adapter les enseignants pour orienter l’évaluation et l’autoévaluation des élèves.

Quels que soient les outils que choisissent les enseignants, il en demeure néanmoins important qu’ils se réfèrent aux attentes et aux contenus d’apprentissage du programme-cadre et aux critères d'évaluations qu’ils ont élaborés avec les élèves. Cela assurera une évaluation cohérente et prévisible pour les élèves. « Il est important que les élèves connaissent les objectifs afin qu’ils soient plus attentifs à leur apprentissage et qu’ils soient en mesure de l’orienter, » souligne Mme Walsh.

Il ne suffit que d’un clic de souris, d’un appel ou d’une conversation pour obtenir de l’aide !

Un excellent point de départ est d’effectuer une réflexion sur les sept messages clés décrits dans cet article, mais il est tout aussi important de faire appel à du soutien. Tous les enseignants devraient consulter le document Faire croître le succès pour connaître les lignes directrices en matière d’évaluation. Les enseignants peuvent également trouver des ressources additionnelles en anglais (vidéos, études de cas, normes de rendement, etc.) sur le site Web ÉduSource. Le site Web du Carrefour pédagogique offre aussi différentes ressources pour l’ÉPS, y compris Bien bouger, Récréagir (portant sur les habiletés du savoir-faire physique et l’élaboration de stratégies), les Ressources d’appui au programme-cadre d’éducation physique et santé (ÉPS) : 1reà 8e année d’Ophea et les Ressources d’ÉPS pour le secondaire d’Ophea (qui fournissent de l’information sur le savoir-faire physique et des outils d’évaluation appuyant ces sept messages clés). 

« J’encourage toujours les enseignants à entretenir des dialogues professionnels éclairés avec des collègues sur une base quotidienne », ajoute Mme Walsh. Si un enseignant n’a pas accès à des collègues se spécialisant en ÉPS, ils peuvent se joindre à des communautés en ligne. Il existe des groupes sur les médias sociaux comme Facebook et Twitter auxquels peuvent se joindre les enseignants pour apprendre et échanger avec d’autres enseignants ; il y a de nombreuses façons de demeurer à l’affût et bien renseigné.