Une politique fondée sur des croyances | Ophea.net

Une politique fondée sur des croyances

Vendredi, Septembre 30, 2011 - 09:13

Le parcours du York Region District School Board vers une politique axée sur des écoles et des milieux de travail sains

Lorsque le York Region District School Board (YRDSB) a pris la décision de changer la façon dont la santé des élèves et du personnel était abordée, ils ont visé haut — et ils n’ont pas changé le cap depuis. En fait, grâce à la politique du conseil pour des écoles et des milieux de travail sains (Healthy Schools and Workplaces Policy) datant de janvier 2009, les 195 écoles faisant partie du conseil sont encouragées à adopter une approche globale à la santé qui favorise la réussite scolaire et le bien-être.

Identifier le besoin pour du changement...

Le parcours du conseil vers l’élaboration de la politique pour des écoles et des milieux de vie sains débuta en 2004 quand plusieurs écoles de la région de York ont participé au programme « Healthy Schools » (Écoles saines) du York Region Health Services, un programme élaboré en partenariat avec le YRDSB. Vers la même période, trois écoles du YRDSB furent sélectionnées pour participer à l’initiative « Living School », un programme mis en place par Ophea, un organisme sans but lucratif animé par la vision que tous les enfants valorisent un mode de vie sain et actif, l’adoptent et s’engagent à le conserver toute leur vie.

Bien que les écoles de la région de York enseignaient des habitudes de vie saines depuis des années, ce que le conseil trouvait révolutionnaire de ces deux initiatives était leur approche collaborative. Les deux programmes mettaient l’accent sur la participation de la communauté scolaire entière (élèves, parents, personnel scolaire, et partenaires communautaires) dans le processus. De plus, les deux utilisaient une approche holistique à la santé scolaire qui prenait en compte les facteurs sociaux et environnementaux, en plus d’assurer un enseignement de qualité, pour apporter des changements durables afin d’améliorer la santé des élèves.

Julie Anderson, Curriculum Consultant (conseillère en programme) pour le conseil, précise : « Toutes les écoles tentaient d’une façon ou d’un autre de répondre au besoin de créer des milieux d’apprentissage plus sains, mais elles n’étaient pas toutes au courant du cadre de référence ou de l’approche qui les aiderait à créer un modèle durable qui aurait un impact positif sur les comportements liés à la santé. »

En 2007-2008, à l’aide des leçons apprises lors des deux excellents programmes pour des écoles saines, le YRDSB a pris la décision d’aller de l’avant avec un projet pilote de plus grande envergure pour des écoles saines, qui apporterait à un plus grand nombre d’écoles les connaissances requises pour une approche holistique faisant appel à la communauté entière pour créer des écoles saines ainsi que le soutien nécessaire pour qu’elles y parviennent.

Évaluer la capacité et l’état de préparation de la communauté...

Pour faciliter la mise en oeuvre du projet pilote pour des écoles saines (qui fut élaboré en collaboration avec le York Region Community and Health Services, Ophea, les organismes de loisirs et d’autres partenaires communautaires), de petits groupes d’écoles avoisinantes furent encouragés à se rencontrer et à partager leurs pratiques exemplaires. Ces regroupements d’écoles, que l’on appelle des réseaux régionaux, se sont rencontrés pour partager leurs défis et leurs succès, pour modeler leurs efforts sur ceux de leurs pairs ainsi que pour s’encourager l’un et l’autre dans leur démarche.

Trois rencontres de réseaux régionaux ont eu lieu dans quatre régions au cours de l’année scolaire. La première rencontre mit l’accent sur la consultation communautaire et la participation de la communauté, la deuxième mit l’accent sur le partage des progrès réalisés et la troisième se concentra à célébrer les succès remportés. À l’automne 2008, les réseaux régionaux avaient pris de l’expansion et comptaient cinq réseaux d’écoles saines, avec plus de 50 écoles élémentaires et secondaires participantes.

Après avoir constaté les succès remportés par les écoles et l’énergie croissante partout dans les réseaux régionaux, le YRDSB prit la décision de disséminer le concept des écoles saines partout à travers le conseil en élaborant la politique.

La première étape de cette démarche fut de s’assurer dès le départ de l’appui des diverses parties intéressées en mettant sur pied un groupe consultatif pour la création d’écoles saines. Le groupe comptait parmi ses membres des intervenants clés de la région incluant des enseignants, des administrateurs et des représentants de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, le York Region Athletic Association, la Fondation des maladies du cœur, les centres de loisirs municipaux, le York Region Health Services et Ophea.

Lori Barnes, Senior Manager, Board and Trustee Services (Directrice - Services du conseil scolaire et des conseillères et conseillers scolaires) au YRDSB se rappelle : « Tout le monde était emballé. Nous avions un bon nombre d’individus très enthousiastes dès le début ».

Et lorsque les membres de ce groupe d’une certaine envergure (35-40 personnes) se sont réunis, il est apparu tout de suite qu’ils étaient disposés à apporter des changements. Leur enthousiasme sembla s’amplifier et leur partage d’idées et de valeurs au sujet de la santé des élèves et du personnel fit ressortir leurs buts communs.

Anderson explique : « Nous avons mené une enquête au sein du groupe pour mieux connaître les valeurs que nous partagions et nos interprétations communes au sujet des écoles et des milieux de travail sains. Après avoir recueilli cette information, nous avons créé un sous-comité pour élaborer la politique ».

Établir des buts et des objectifs...

En plus de mettre l’accent sur les croyances communes des membres du groupe consultatif, le sous-comité responsable d’élaborer la politique examina aussi un certain nombre de politiques existantes et naissantes pour que ses membres puissent discuter des éléments qu’ils aimaient et de ce qu’ils feraient peut-être autrement. Après avoir consulté de nouveau le groupe consultatif, il fut convenu qu’un des buts principaux dans l’élaboration de la politique pour des écoles et des milieux de travail sains serait de s’assurer que celle-ci soit pratique et utilisable dans les écoles du YRDSB. La politique devrait aider les écoles à renforcer leurs capacités et adopter une approche de pratiques exemplaires. Ils voulaient aussi s’assurer que la voix de tous les intervenants soit entendue et que leurs propos se retrouvent dans la politique.

De plus, la décision fut prise qu’un « langage doux » et une approche qui inviterait les gens à participer étaient des éléments clés. Barnes explique : « nous avons pris la décision délibérée de ne pas faire une loi, une règle ou un règlement. Ce n’est pas la meilleure façon d’apporter des changements. La meilleure façon est de discuter des pratiques exemplaires, et que les gens se rallient à notre projet et qu’ils participent à le construire eux-mêmes ».

Ils en sont arrivés à une vaste politique flexible reflétant la croyance du conseil que tous les élèves et le personnel ont le droit d’apprendre et de travailler dans un environnement sain. La politique stipule aussi l’importance de continuer à répondre aux besoins de la communauté et aux objectifs établis par le ministère de l’Éducation. Plutôt que d’être une liste de choses à faire et à ne pas faire, c’est un ensemble des croyances communes et une approche commune globale pour les questions en matière de santé.

Identifier les décideurs et les influenceurs clés et solliciter des appuis...

Puisque plusieurs des décideurs et des intervenants clés avaient été invités de façon stratégique à faire partie du groupe consultatif, le conseil eut la chance de commencer à rallier des appuis pour la politique dès le début. Le processus de révision du conseil a permis d’aller chercher d’autres appuis puisque celui-ci permettait à tous les intervenants (incluant les commissaires d’école, les comités d’écoles, le personnel du YRDSB et d’autres membres de la communauté) de faire part de leurs commentaires au sujet de la politique. Cela assurait qu’ils étaient à l’aise avec le contenu de la politique et qu’ils se sentaient impliqués dans son élaboration.

Réviser la politique...

Pendant le processus d’approbation, qui s’est étendu sur une période d’environ neuf mois, certaines révisions furent effectuées. Bien que le processus fût long, il fut néanmoins efficace. « La démocratie demande du temps, » explique Barnes, mais elle ajoute rapidement qu’il est important de demander aux gens de donner leurs commentaires. « Recueillir les renseignements nécessaires et prendre le temps d’écouter et de réfléchir à ce que les gens nous disent exige du temps. Cela ne veut pas dire pour autant que chaque suggestion peut être incluse, mais elles seront toutes prises en considération. » Après tout, qui pourrait être mieux équipé pour assurer l’utilité d’une politique que ceux qui l’utiliseront?

Mettre en place et évaluer la politique...

Depuis l’approbation de politique en janvier 2009, le groupe consultatif se rencontre deux fois par année pour célébrer les réussites et pour songer aux prochaines étapes à suivre. « Nous établissons actuellement des objectifs SMART qui nous aideraient à orienter les activités pour continuer la mise en place », explique Anderson, faisant référence au processus d’établissement des objectifs qui nécessite de choisir des objectifs qui sont précis, atteignables, réalistes, ayant des résultats mesurables, et limités dans le temps.

Par contre, ce qui est peut-être le plus important lorsqu’il s’agit de s’adapter aux besoins changeants et de planifier pour l’avenir, c’est de continuer à solliciter des commentaires et des critiques à chaque occasion qui s’offre. « Nous demandons aux écoles, “De quoi avez-vous besoin?” », explique Anderson. « De plus, nous examinons les diverses occasions pour les écoles de partager leurs expériences et d’apprendre au sujet du matériel, des ressources et des soutiens existants et nouvellement disponibles. » Il y a un engagement soutenu et une augmentation rapide du nombre d’écoles se montrant intéressées à en apprendre plus au sujet de la politique. Lors de la tenue de la plus récente fête au printemps 2010 pour célébrer le succès remporté par les écoles dans leurs efforts pour créer des écoles saines, plus de 140 écoles étaient présentes à quatre endroits différents.

À en juger par les changements positifs que le conseil a pu constater dans ses écoles jusqu’à maintenant, il semble qu’ils aient créé quelque chose qui changera la façon d’élaborer des politiques efficaces. Parlant au sujet de la politique pour des écoles et des milieux de travail sains, Barnes explique : « Cela est devenu une façon d’être; un vrai virage philosophique où nous avons changé consciemment notre façon d’aborder les questions à l’égard de la santé de nos élèves et de notre personnel. »

Pour de plus amples renseignements, veuillez visiter le www.ophea.net