Pleins feux sur un enseignant en octobre : Victor Kass | Ophea.net

Pleins feux sur un enseignant en octobre : Victor Kass

Jeudi, Octobre 26, 2017 - 13:33

Ophea est fier de vous présenter une série de billets mettant en vedette des enseignants ou des enseignantes qui sont des leaders en matière d’éducation physique et santé. Ils y répondent à des questions et proposent des idées, des conseils et des ressources.

Ce billet propose des idées concrètes et inspirantes pour l’enseignement de l’ÉPS au secondaire.

Questions-réponses avec Victor Kass

1. À quelles années d’études enseignez-vous principalement?

J’enseigne l’ÉPS au secondaire (9e à 12e année) ; en ce moment, j’enseigne à des élèves de 9e et 10e année. Je suis aussi très enthousiaste à l’idée de donner pour la première fois avec un autre enseignant un cours d’éducation en plein air pour les élèves de 11e année.

2. Depuis combien de temps enseignez-vous l’éducation physique et santé (ÉPS)

J’ai commencé ma carrière il y a 12 ans ; pendant les deux premières années, j’ai enseigné les sciences à Toronto, et depuis les 10 dernières années, j’enseigne principalement l’ÉPS au conseil scolaire de Peel. J’enseigne à l’école secondaire Louise Arbour à Brampton depuis sept ans.

3. Pourquoi souhaitiez-vous enseigner l’ÉPS?

J’étais toujours actif physiquement en grandissant. Mes parents ont compris que l’activité physique n’était pas seulement une chose que j’aimais faire ; c’était aussi une façon de me faire éviter les ennuis et de me garder concentré à l’école. Mon cours préféré a toujours été l’ÉPS. De plus, mes expériences lors des compétitions d’athlétisme au secondaire ont toujours eu un grand impact sur moi.

Je n’avais jamais pensé à l’idée de devenir un enseignant d’ÉPS avant ma dernière année au secondaire. Lors d’une discussion avec un de mes meilleurs amis sur les possibles carrières que nous envisagions, nous étions d’accord qu’être un « prof de gym » serait un emploi de rêve. Fait à noter : Ni l’un ni l’autre de nous deux ne dit maintenant « prof de gym » en parlant de notre occupation. Nous sommes des enseignants d’éducation physique ou des spécialistes d’ÉPS.

4. Quels sont certains objectifs que vous aimez établir avec vos élèves pour favoriser leur réussite tout au long d’un trimestre ou d’une année?

Parfois, je me heurte à l’attitude que les cours au gymnase au secondaire devraient être un temps consacré principalement à la pratique de sports courants comme le basketball et le soccer. Au commencement de chaque trimestre, je me fais un devoir de connaître les croyances des élèves au sujet de cette matière et de leur enseigner le but véritable de l’ÉPS. Je leur dis tous que le principal objectif dans ce cours est d’apprendre comment être heureux et en santé à l’école, dans la communauté et dans leur vie future.  

Vous vous demandez peut-être pourquoi nous ne parlons pas d’objectifs en matière de conditionnement physique? Laissez-moi vous expliquer… Au début de l’année, je demande en effet aux élèves d’établir ce genre d’objectifs, mais il est également important de souligner que l’établissement d’objectifs est une chose personnelle qui se fait sur une base continue et qui se poursuit au-delà de la portée du cours. Nous ne donnons pas un sens à notre vie si nous n’établissons pas d’objectifs personnels.

J’ai constaté que lorsque les élèves adoptent ces croyances, leur réussite scolaire dans ce cours est pratiquement garantie. La véritable réussite, c’est qu’ils deviennent des individus plus heureux et plus en santé qui apprennent à profiter au maximum de la vie.  

5. Comment préparez-vous un espace d’apprentissage actif afin que tous les élèves se sentent inclus?

Au cours de la première semaine de cours, les enseignants à mon école travaillent efficacement afin de favoriser un sentiment de communauté au sein des classes ; tout le monde apprend le nom des autres dans un environnement amusant et inclusif. C’est la même chose dans notre programme d’ÉPS. Mes élèves participent à une série d’activités brise-glace et d’activités physiques mettant l’accent sur la coopération et non sur la compétition. Nous passons aussi en revue certaines habitudes et certaines consignes importantes en matière de sécurité.  

Tout au long de la première semaine, mes élèves travaillent ensemble et ils collaborent avec moi afin d’établir des normes pour la classe. Celles-ci reposent sur ce que je crois être les trois piliers du RESPECT : (1) PRENDRE SOIN DE SOI-MÊME, (2) PRENDRE SOIN DES AUTRES, et (3) PRENDRE SOIN DE L’ENVIRONNEMENT. Je les inscris toujours sur un grand tableau blanc, j’en prends une photo que je publie sur le site Web de notre classe pour consultation future ou pour aider mes élèves à réorienter leurs efforts au besoin.

J’aime beaucoup recueillir les commentaires des élèves au sujet des types de sports et d’activités physiques auxquels ils aimeraient participer et sur lesquels ils souhaitent en apprendre davantage. Au cours des dernières années, j’ai recueilli cette information en menant des sondages Google Form auprès de mes élèves et en examinant les données. Je crois cette façon de faire plus efficace, car les élèves peuvent répondre aux questions sur leurs appareils personnels en privé ; ils évitent ainsi la pression et les influences de leurs pairs.   

En dernier lieu, il est très important de songer aux modifications qui peuvent être apportées à l’équipement, au matériel et aux règles des jeux afin que le gymnase soit un espace inclusif. Par exemple, habituellement chaque année au moins un élève accusant un retard de développement fait partie de mes cours d’ÉPS. Lorsque je planifie des activités, je prévois toujours divers instruments de frappe qui peuvent être utilisés ou je détermine différentes façons de marquer un point afin de donner plus d’occasions de réussir. Lorsque les élèves deviennent très à l’aise à cet égard, je leur donne souvent la responsabilité de trouver des modifications à apporter, et c’est à ce moment que la magie s’opère !   

6. Y a-t-il des pièces d’équipement que vous aimez utiliser tout au long de l’année? Comment vous assurez-vous que les élèves les utilisent de façon sécuritaire?

Il est très important que mes élèves aient la possibilité d’essayer tout le matériel et l’équipement qui se trouvent dans notre salle de rangement d’ici la fin du trimestre. Lorsque nous essayons de nouvelles pièces d’équipement, je me fais un devoir de montrer comment utiliser les instruments de frappe et je leur demande de se tenir mutuellement responsable de leur sécurité. Si un élève manque de respect envers une pièce d’équipement, il pourrait s’avérer nécessaire d’avoir une discussion en privé avec cet élève, ou d’avoir une discussion avec l’ensemble de la classe.

J’utilise certaines pièces d’équipement fréquemment, notamment (1) les ballons Gator Skin ou Rhino Skin, qui sont des ballons polyvalents et sûrs parce qu’ils sont mous ; (2) des cônes de différentes grandeurs, dont on peut se servir pour délimiter un espace, un but, ou autre ; (3) des sifflets à main que je peux distribuer aux élèves pour qu’ils mènent une activité d’échauffement ou pour qu’ils agissent en tant qu’arbitre lors d’un jeu et (4) un haut-parleur Bluetooth et un téléphone intelligent, pour faire jouer de la musique à l’aide des applications FitRadio ou Spotify. La musique est formidable pour faire des transitions lors d’un cours, pour utiliser moins souvent mon sifflet et c’est un merveilleux outil de motivation pour les élèves.

7. Que faites-vous pour renforcer la confiance des élèves lorsque vous enseignez l’ÉPS?

Il m’est très important que mes élèves aient du plaisir lors de mon cours et qu’ils souhaitent continuer à participer l’ÉPS au secondaire étant donné qu’ils n’ont qu’à obtenir un seul crédit dans cette matière pour obtenir leur diplôme d’études secondaires. Je tente d’y parvenir en les exposant à une grande variété d’activités, tout en leur donnant la chance de s’exprimer, et en cherchant des façons de favoriser leur réussite. Par exemple, j’aime beaucoup faire jouer mes élèves à des jeux d’équipe en petits groupes ; il s’agit souvent de versions modifiées de sports. Les individus ont ainsi plus de possibilités de « toucher » au ballon et, espérons-le, une plus grande chance d’améliorer leurs habiletés motrices.   

De plus, je fais un effort pour promouvoir l’évolution de l’état d’esprit chez mes élèves. Cela signifie qu’il faut reconnaître davantage l’effort, l’amélioration et le leadership que les performances athlétiques. Il faut insister sur l’idée que l’échec sert à progresser dans l’apprentissage et que les erreurs représentent une partie importante du cheminement. Je constate, particulièrement en enseignant à des garçons de 13 à 18 ans, que cela peut représenter un défi. Je fais de mon mieux pour leur rappeler de s’encourager, plutôt que de s’abaisser les uns les autres, et si une dispute survient, j’essaie de leur enseigner à travailler ensemble. Un truc qui fonctionne surprenant bien est de faire jouer les élèves à roche-papier-ciseaux lorsqu’ils ne peuvent s’entendre sur quelque chose. C’est expéditif, et la plupart du temps, ils en arrivent à une résolution rapidement et peuvent passer à autre chose.

J’essaie aussi de leur donner des rôles qui leur permettent de développer leurs habiletés de leadership, comme être responsable du pointage ou de l’arbitrage. J’ai adopté une stratégie pédagogique en ce sens il y a quatre ans. C’est une stratégie formidable ! J’ai présenté récemment un atelier (Sport Education - en anglais seulement) lors de la conférence sur une vie saine et active dans Peel. 

8. Nommez une chose qui vous rend enthousiaste cette année et qui vous permettra d’aider les élèves à développer des habiletés favorisant une vie saine.

Cette année, mon objectif est de faire en sorte que plus d’élèves s’autoévaluent. Dans notre programme d’ÉPS, la participation quotidienne est très importante pour promouvoir des habiletés de vie saine et la réussite des élèves. Nous croyons que si les élèves s’autoévaluent davantage, ils effectuent aussi plus de réflexions sur ce qu’ils font sur une base quotidienne en ÉPS. J’espère que les élèves auront ainsi un meilleur rendement scolaire et une meilleure connaissance de leurs forces et faiblesses individuelles, ce qui les mènera à établir des objectifs de façon efficace et éclairée. J’envisage qu’à l’avenir cela mènera naturellement à une participation accrue des élèves dans l’établissement des résultats d’apprentissage et des critères d’évaluation au fur et à mesure que mon programme d’ÉPS deviendra de plus en plus axé sur les élèves et leur rétroaction.   

9. Est-ce qu’il y a des ressources ou des outils que vous recommanderiez?

Je dois admettre que je suis un peu accro des technologies. J’ai remplacé ma planchette à pince par un iPad depuis longtemps et je suis toujours à la recherche de nouvelles applications qui pourraient renforcer mon programme d’ÉPS. Parmi mes applications préférées, il y a Google Sheets (pour noter les présences et des informations anecdotiques), Team Shake (pour créer des groupes/équipes de façon aléatoire), Sworkit (pour des activités de conditionnement physique) et Remind (pour la communication). J’adore aussi Google Classroom et Google Apps pour l’éducation. J’ai également rédigé quelques billets (en anglais) en tant qu’invité sur l’utilisation des technologies en ÉPS pour Teacher Tech with Alice Keeler et EdTech Magazine.

Un des sites Web que j’utilise beaucoup est celui de RécréAgir d’Ophea ; on y trouve un répertoire de jeux faisant appel à l’approche Apprendre et comprendre par le jeu (ACpJ), des diagrammes, des vidéos et des adaptations visant à rendre les activités plus faciles ou plus difficiles. J’aime aussi le site Web du Carrefour pédagogique d’Ophea où l’on trouve des plans de leçons, des ressources, des activités et plus encore ! En dernier lieu, j’utilise aussi la ressource (en anglais) du Peel District School Board, Character Attributes in Action, qui propose une foule d’activités physiques et de jeux qui mettent l’accent sur les six principales caractéristiques du conseil scolaire. Chaque activité est associée à une vidéo YouTube ; c’est génial, car on peut les regarder pour mieux comprendre. 

Le réseau d’apprentissage professionnel d’un enseignant est l’une de ses meilleures ressources. J’ai emprunté la vaste majorité de ce que j’ai appris d’autres formidables enseignants ! En plus des discussions informelles que j’ai sur une base quotidienne avec mes collègues, nous avons une équipe du département d’ÉPS sur Google Drive où nous partageons nos meilleures pratiques en ligne. Ces espaces de stockage infonuagiques, comme Google Drive, représentent d’excellentes possibilités de collaboration pour les enseignants au sein d’un conseil scolaire et même au-delà de celui-ci. Cela m’amène à mon réseau d’apprentissage professionnel sur Twitter. C’est grâce à cette plateforme que j’ai vraiment commencé à m’améliorer en tant qu’enseignant d’ÉPS. J’ai appris une foule de choses extraordinaires et j’ai fait part de mes expériences et de ressources avec des enseignants d’ÉPS de partout dans le monde ! Vous pouvez me suivre sur Twitter @CoachKass !

10. Avez-vous des conseils à donner aux nouveaux enseignants d’ÉPS?

Pour les nouveaux enseignants, que ce soit en ÉPS ou dans une autre matière, le travail est très intimidant. C’est un travail qui se déroule à vive allure, qui est parfois chaotique, et qui peut être très accaparant si l’on ne fait pas attention. D’anciens responsables de département m’ont déjà dit, « enseigner c’est comme courir un marathon. Si vous commencez en faisant un sprint, vous n’y arriverez pas. Il faut ralentir et maintenir le rythme pendant une longue période. » Je n’oublierai jamais ces sages mots parce que c’est la VÉRITÉ ! Vous devriez chaque année songer à quelques objectifs professionnels, mais tentez de ne pas trop en établir. Je crois qu’il faut bien faire un petit nombre de choses plutôt que de s’impliquer dans beaucoup d’initiatives et de faire un travail médiocre. Trop souvent, les jeunes enseignants sont encouragés à s’impliquer dans plusieurs initiatives parascolaires en plus de veiller à leur charge de travail régulière. C’est injuste. N’ayez pas peur de dire « NON ». Ne vous en faites pas. Le soleil va se lever demain !

Toute personne qui a l’occasion d’enseigner l’ÉPS vit une vie de rêve. L’enseignement de l’ÉPS est un privilège. Il ne faut jamais l’oublier (comme dirait l’ancienne responsable de mon département d’ÉPS, Leigh Hanna).

 Avez-vous des conseils ou des recommandations que vous aimeriez communiquer aux enseignants d’ÉPS ? Faites-nous-en part (@OpheaCanada) en utilisant le mot-clic #OpheaHPEtips.