Séance d’apprentissage de la série #Ophea100 : « Understanding the relationship between physical education and Truth and Reconciliation » (Le lien entre l’éducation physique et la vérité et la réconciliation) | Ophea.net

Séance d’apprentissage de la série #Ophea100 : « Understanding the relationship between physical education and Truth and Reconciliation » (Le lien entre l’éducation physique et la vérité et la réconciliation)

Mardi, Novembre 9, 2021 - 15:01

Quel est le lien entre l’éducation physique et santé et la vérité et la réconciliation? Pourquoi est-il important de tenir compte de ce lien? Et que doit-on aborder afin d’engendrer des changements concrets dans nos systèmes d’éducation?

Le lundi 30 août 2021, Ophea a organisé un webinaire qui avait pour but de permettre au personnel enseignant, aux spécialistes en éducation physique et santé, aux administrateurs scolaires et aux responsables des politiques de réfléchir au lien entre l’éducation physique et santé et la vérité et la réconciliation. Ce webinaire a offert une orientation sur la façon d’aborder les appels à la vérité et à la réconciliation et a expliqué pourquoi il est important de le faire.

Nous tenons à remercier Janice Forsyth, la présentatrice lors de ce webinaire. Janice est membre de la Nation crie de Fisher River, professeure agrégée en sociologie et directrice du programme d’études autochtones à l’Université Western à London en Ontario. Ses travaux de recherche sur les relations entre les colons et les Autochtones au Canada de l’optique du sport ont reçu une attention considérable à l’échelle nationale et internationale. En 2012, elle fut lauréate d’une Bourse du premier ministre pour l’excellence en recherche en Ontario. De plus, le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, publié en 2015, a cité plusieurs de ces publications, montrant la pertinence de ses travaux de recherche bien au-delà du sport. En 2019, elle a été élue membre du Collège de la société royale du Canada pour sa recherche et son leadership en ce qui a trait au sport autochtone. Janice est actuellement vice-présidente du Cercle sportif autochtone, une organisation sans but lucratif qui a pour but de promouvoir et d’appuyer le développement du sport au Canada mené par des Autochtones et elle est membre du conseil d’administration d’Ophea.

Ce webinaire a aussi permis aux participants de renforcer leurs connaissances sur cette histoire afin de poursuivre leur réflexion dans leurs rôles au sein des communautés scolaires.

Visionnez l’intégralité du webinaire sur notre chaîne YouTube (en anglais seulement).

Le mouvement est une expression des valeurs culturelles

« Réfléchissez à l’importance de faire bouger le corps selon diverses cultures et aux différentes valeurs accordées au corps par ces cultures. »

Janice a commencé par un exercice de pensée critique en présentant aux participants des images de personnes effectuant divers types de mouvements culturels comme le hip-hop, le krump et le ballet, et en leur demandant de prendre conscience de leurs premiers mots ou de leurs premières pensées ou émotions. Par exemple, ils ont dû réfléchir aux mouvements qu’ils considéraient comme beaux, sains, étonnants, étranges ou agressants. Ils devaient ensuite réfléchir aux raisons qui motivaient ce qu’ils ressentaient et à leurs idées notamment sur la race, la classe sociale, le genre et les déficiences qui façonnaient leurs perspectives, mettant ainsi à nu leurs attitudes culturelles sur ce qui représente l’activité physique « appropriée ». Par cet exercice, les participants ont pu constater comment leurs attitudes renforcent ou remettent en question les moyens socialement acceptables d’être actif, insinuant ainsi que l’on favorise certains types d’exercices plutôt que d’autres, ou que d’autres peuvent même être défavorisés par des politiques et des lois, engendrant ainsi des répercussions associées à la domination et à la marginalisation de certains groupes.   

Le programme-cadre d’éducation physique et santé souligne que, « L’attitude de l’enseignante ou de l’enseignant revêt beaucoup d’importance en éducation physique et santé, car elle ou il est un important modèle pour les élèves ».[i]Un des principes fondamentaux de ce programme-cadre repose sur l’importance d’assurer la sécurité physique et émotionnelle des apprenants. En prenant le temps de connaître les antécédents des élèves lorsque nous présentons des concepts et que nous introduisons des jeux et des activités, nous favoriserons un environnement positif, sécuritaire et inclusif. Dans le cadre d’une pratique pédagogique efficace, les membres du personnel enseignant sont invités à réfléchir à leurs présomptions concernant l’éducation physique et santé et à l’influence de leurs attitudes et de leurs croyances sur leur planification et leur mise en œuvre du programme-cadre.

L’éducation physique est une forme de socialisation

« Quel est le lien entre l’éducation physique et santé et la vérité et la réconciliation? Pourquoi est-il important de tenir compte de ce lien? »

Notre perspective du mouvement pour nous-mêmes est liée à la façon dont nous faisons la prestation de l’éducation physique à nos élèves; cette perspective est influencée par nos expériences et nos valeurs culturelles. Par exemple, en 3e année, C1.4 (les élèves apprennent à) envoyer et recevoir différents objets à diverses hauteurs avec ou sans équipement, tout en utilisant différentes parties du corps et en tenant compte de cibles et d’obstacles mineurs. Une enseignante ou un enseignant peut montrer comment effectuer un lancer par-dessous ou comment utiliser la main dominante pour lancer et attraper une balle à l’aide d’un instrument. Cependant, en tant qu’enseignantes et enseignants, nous devons aussi prendre le temps de reconnaître la diversité présente au sein de nos salles de classe et créer des occasions pour reconnaître les capacités requises, les origines culturelles et l’histoire des activités, des jeux et des sports que nous choisissons. Il n’est pas possible de travailler de manière efficace avec nos élèves lorsque nous ignorons la culture ou que nous minimisons son importance.

« On constate une véritable progression de la vérité et de la réconciliation au cours des dernières années, progression engendrée par les diverses iniquités exacerbées par la COVID-19 pour différentes populations. »

Alors que nous continuons de découvrir des milliers de tombes d’enfants autochtones non marquées à des endroits où il y avait anciennement des pensionnats indiens, cette information publique nous fait prendre conscience que nous devons prendre le temps de comprendre les récits complexes de ce qui s’est passé dans ces écoles. Qui plus est, cet apprentissage devrait nous aider à mieux comprendre comment les peuples autochtones ont résisté et ont réagi aux structures et aux systèmes coloniaux au Canada, nous permettant ainsi d’établir une version plus équilibrée et véridique du passé et du présent au Canada. Cet équilibre, ancré dans les expériences et les perspectives des peuples autochtones, représente la « vérité » qui devrait nous orienter dans notre parcours vers la réconciliation.

Le rapport de 2015 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action[ii] aborde les séquelles associées aux pensionnats indiens que ressentent encore aujourd’hui les survivants et leurs familles. Le rapport décrit un parcours à suivre par le gouvernement et les communautés autochtones et non autochtones au Canada en vue d’établir une vision commune pour la réconciliation. Il faut comprendre la signification pour les Canadiennes et les Canadiens de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui nous renseigne sur ce qui s’est passé dans les pensionnats et qui documente la vérité des survivants, leurs familles, leurs communautés, ainsi que de toute personne qui a souffert à cause des pensionnats indiens.     

Janice a demandé aux participants de réfléchir au nombre d’occasions qu’ils ont eues depuis 2015 pour discuter du lien entre l’éducation physique et la vérité et la réconciliation. Elle a expliqué qu’elle a pu constater dans sa recherche et sa pratique que l’éducation physique et le sport n’ont pas reçu l’attention qu’ils devraient recevoir en ce qui a trait à la vérité et la réconciliation, faisant en sorte qu’il est difficile pour le personnel enseignant d’acquérir les connaissances, la compréhension et les compétences requises pour entretenir des conversations importantes dans leur rôle au sein de la communauté scolaire. Cependant, en tant qu’enseignantes et enseignants, nous devons continuer d’examiner notre compréhension du programme-cadre afin d’en faire la prestation adaptée et attentive sur le plan culturel.

Il est essentiel de comprendre le lien entre l’éducation physique et la vérité et la réconciliation afin d’aller de l’avant

« Que doit-on aborder afin d’engendrer des changements concrets dans nos systèmes d’éducation? »

Il nous en revient de connaître, de comprendre et de discuter des séquelles du colonialisme sur le territoire qui est aujourd’hui le Canada. Consultez notre chronique avec Dre Jenna R. Lorusso et Dre Janice M. Forsyth, intitulée, Un programme de recherche pour mieux encadrer les élèves autochtones et favoriser le contenu autochtone en éducation physique et santé en Ontario, qui souligne quatre importants domaines prioritaires qui peuvent faire l’objet de recherches pour aider le personnel enseignant de l’Ontario à encadrer les élèves autochtones et favoriser le contenu autochtone en ÉPS et dans les programmes scolaires d’activité physique et de santé.

Une éducation physique et santé efficace met l’accent sur l’établissement de liens avec les nations autochtones locales afin de comprendre les perspectives dans lesquelles l’éducation physique et santé fait partie d’un tout intégré, où le bien-être a une signification culturelle, comme connaître sa langue, son histoire ou ses traditions. Les participants ont été invités à chercher et à examiner d’autres modèles de vérité et de réconciliation pour les encadrer au sein de leur école, relativement à une matière particulière, des contextes autochtones et des milieux traditionnels. La présentatrice a expliqué que le contexte local est le plus pertinent étant donné que nous travaillons et vivons tous sur les terres de peuples particuliers. Les histoires et les pratiques particulières doivent être intégrées aux pratiques pédagogiques.

Il est important de mentionner que notre parcours vers la réconciliation se poursuit. Alors que plusieurs conseils scolaires en Ontario soulignent le Mois de l’éducation autochtone en novembre, nous incitons tous les membres du personnel enseignant à réfléchir et à échanger chaque mois sur l’information et les ressources requises pour mieux encadrer les élèves autochtones en classe et pour décoloniser le contenu présenté en classe.

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[i] Ministère de l’Éducation de l’Ontario. (2019). Le curriculum de l’Ontario de la 1re à la 8e année : Éducation physique et santé (p. 15). Récupéré de : http://www.edu.gov.on.ca/fre/curriculum/elementary/2019-education-physique-sante-1rea8e-annee.pdf

[ii] Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action. (2015). Récupéré de https://ehprnh2mwo3.exactdn.com/wp-content/uploads/2021/04/4-Appels_a_l-Action_French.pdf