Un programme de recherche pour mieux encadrer les élèves autochtones et favoriser le contenu autochtone en éducation physique et santé en Ontario | Ophea.net

Un programme de recherche pour mieux encadrer les élèves autochtones et favoriser le contenu autochtone en éducation physique et santé en Ontario

Mardi, Décembre 8, 2020 - 08:57

Le rapport Appels à l’action, publié en 2015 par la Commission de vérité et réconciliation insiste sur les responsabilités morales et éthiques du personnel enseignant canadien envers l’avancement de la réconciliation entre les Canadiennes et Canadiens et les peuples autochtones. Cependant, alors que le personnel enseignant d’ÉPS en Ontario cherche à contribuer en offrant une éducation autochtone en classe qui propose des éléments culturels pertinents, il y a peu d’informations examinées par des pairs sur lesquelles fonder de tels programmes inclusifs et pertinents.

Les conclusions d’un récent examen exploratoire mené par Dre Jenna R. Lorusso, Ophea, et une universitaire crie, Dre Janice M. Forsyth, érudite en études autochtones, apportent des explications.

Cette démarche a requis une recherche systémique des études en anglais examinées par des pairs et publiées depuis l’an 2000. Les sujets qui ont fait l’objet de la recherche comprenaient les enfants et les jeunes autochtones et les cultures, traditions, et perspectives autochtones en ÉPS et dans les programmes scolaires d’activité physique et de santé en Ontario. Seuls sept articles pertinents ont été recensés.

Le peu d’articles est marquant considérant que :

  • L’Ontario compte la plus importante population autochtone au Canada; 374 395 personnes se sont identifiées ainsi lors du recensement de 2016 (Ministère des Affaires autochtones de l’Ontario, 2020);
  • Le Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuit [sic], publié en 2007, exige que les élèves autochtones soient encadrés et qu’il y ait promotion des traditions, cultures, et perspectives des Autochtones dans toutes les salles de classe en Ontario, y compris lors des cours d’ÉPS.

Alors, quelles informations spécifiques au contexte et reposant sur des données probantes sont requises pour permettre au personnel enseignant de l’Ontario d’encadrer les élèves autochtones et favoriser le contenu autochtone en ÉPS et dans les programmes scolaires d’activité physique et de santé? Les conclusions de cet examen soulignent quatre importants domaines prioritaires pour de futures recherches :

  • Il faut que des recherches soient menées sur le contexte de l’ÉPS et les articles s’y rapportant doivent être rédigés pour le personnel enseignant. À l’exception d’un seul, les articles recensés furent rédigés pour des professionnels de la santé et de la nutrition et non à l’intention du personnel enseignant d’éducation physique et santé. Il n’est donc pas étonnant que les articles portent principalement sur la santé et non l’éducation, et le rôle de l’ÉPS et du personnel enseignant fut rarement abordé. Des informations spécifiques à l’ÉPS et accessibles au personnel enseignant d’ÉPS sont nécessaires.
  • Il faut se pencher sur les traditions, les cultures, et les perspectives autochtones. La majorité des articles recensés portaient sur les besoins concernant la santé physique des enfants et des jeunes autochtones, et non sur la promotion de contenu autochtone en ÉPS et dans d’autres activités scolaires incitant le mouvement. Bien qu’il demeure important de porter une attention particulière à la santé des enfants et des jeunes autochtones, il ne faut pas oublier qu’une importante partie de la réconciliation est de s’assurer que tous les élèves connaissent les traditions, les cultures, et les perspectives autochtones, contemporaines et traditionnelles, et qu’ils les valorisent; le personnel enseignant d’ÉPS doit être bien informé pour être en mesure d’atteindre cet objectif.
  • Diverses communautés autochtones ontariennes situées à différents endroits doivent l’objet d’une attention particulière. Les articles recensés se penchaient principalement sur trois communautés des Premières Nations situées dans des régions éloignées du nord de l’Ontario. Bien qu’il soit important de continuer à porter attention aux communautés nordiques en régions éloignées, il ne faut pas oublier que l’on compte 133 communautés des Premières Nations en Ontario, et que de nombreuses villes ontariennes comptent une population autochtone importante. La ville de Thunder Bay est la région métropolitaine de recensement ayant la proportion la plus élevée d’Autochtones au Canada, soit 12,7 % de sa population (Ministère des Affaires autochtones de l’Ontario, 2020). Les soins des enfants et des jeunes autochtones sont différents selon, notamment, la communauté autochtone à laquelle ils appartiennent et la région où ils habitent; il en va de même des besoins du personnel enseignant d’ÉPS. Une diversité d’informations spécifiques à divers contextes est donc nécessaire.
  • Il faut se pencher sur le contexte des écoles secondaires. Les articles recensés portaient principalement sur les écoles élémentaires. Bien que les années du palier élémentaire soient un important stade fondateur et doivent continuer à faire l’objet d’une attention particulière, des recherches portant sur les années du secondaire sont aussi nécessaires pour de nombreuses raisons dont : (a) les taux d’élèves autochtones en Ontario qui terminent leurs études secondaires (c.-à-d. 75 %, et 45 % pour ceux qui habitent dans une réserve) sont moins élevés que ceux des élèves qui ne sont pas autochtones (c.-à-d. 93 %; Ministère des Affaires autochtones de l’Ontario, 2020); et (b) en Ontario, l’ÉPS est principalement enseignée par des enseignants généralistes au palier élémentaire et par des enseignants spécialisés seulement au secondaire.

Cet examen révèle qu’il reste beaucoup d’efforts à faire dans ce domaine. Ce travail est d’autant plus urgent étant donné les nombreux défis auxquels sont confrontés les enfants et les jeunes autochtones dans les écoles en raison de la colonisation. C’est pourquoi Ophea collabore avec des communautés autochtones de l’Ontario pour encourager la recherche sur ces quatre domaines prioritaires et pour que le personnel enseignant d’ÉPS puisse faire une meilleure prestation de l’éducation autochtone. Bien que novembre soit le mois que de nombreux conseils scolaires de l'Ontario considèrent comme le mois de l'éducation autochtone, nous encourageons tous les enseignants d’ÉPS à réfléchir et à s'exprimer à leur manière chaque mois sur l'information et les ressources nécessaires pour mieux soutenir les élèves autochtones et le contenu autochtone dans leurs salles de classe.

Bibliographie

Ministère de l’Éducation de l’Ontario. (2007). Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuit [sic]. Toronto, ON : Bureau de l’éducation des Autochtones. http://www.edu.gov.on.ca/fre/aboriginal/fnmiFrameworkf.pdf

Ministère des Affaires autochtones de l’Ontario. (2020). Les peuples autochtones de l’Ontario. https://www.ontario.ca/fr/document/dans-un-esprit-de-reconciliation-les-10-premieres-annees-du-ministere-des-relations-avec-les/les-peuples-autochtones-de-lontario

Commission de vérité et réconciliation du Canada. (2015). Appels à l’action. Winnipeg : Commission de vérité et réconciliation du Canada. http://trc.ca/assets/pdf/Calls_to_Action_French.pdf